Ambitions affichées.Retour aux sommets.

Une ambition affichée : la 1ère Division (1955 – 1964)

La saison suivante, le club rouge et bleu évolue à un niveau supérieur… en 2ème Division.

Pour sa première année à ce niveau, l’U.S.Q. parvient à se qualifier pour les phases finales : qualification difficile puisque le club accède aux 16ème de finale en tant que meilleur 6ème.

A la fin des matchs de poule, l’U.S.Q. est classée 5ème avec 27 points et un goal average de + 7 à égalité de points avec Oloron Sainte-Marie. Ces derniers ayant un goal average de – 4. Or dans ce cas de figure n’entre en ligne de compte que le goal average particulier. Oloron a battu Quillan 9 à 0 et a été battu seulement 3 à 0… donc Oloron se qualifie directement… Quillan est repêché meilleur 6ème. En 16ème, à Millau, Quillan se frotte à La Voulte et à de futurs stars du rugby national les frères Cambérabéro (Guy et Lilian). L’U.S.Q. est battu 6 à 0.

Pour sa seconde saison à ce niveau, les joueurs du club phare de la Haute-Vallée réussissent une saison pleine. L’équipe ne concède que quatre défaites. Pour la seconde année consécutive l’objectif des phases finales est atteint. L’équipe, amalgame d’anciens et de nouveaux : Jourda, Martre, Boni, Faure, Bonnarel, Boyer, Albouy, Saunière, Palancade, Caussidéry, Courtade, Vaysse J., Maureil, Nicol, Barcelo… affronte sur le terrain de Saint-Girons les Bigourdans de Bagnères. A la fin du temps réglementaire, le score est de parité (6 à 6)… les prolongations sont favorables à l’U.S.Q. qui l’emporte 14 à 9 et obtient son billet pour les 8ème de finale.

Malheureusement pour les supporters rouge et bleu, les dimanches se suivent et ne se ressemblent pas ; sur le terrain d’Auch, Quillan est crucifié par un essai assassin marqué à la dernière minute du temps réglementaire par Saint-Sever. Battue 3 à 0, l’U.S.Q. en termine avec l’exercice 1956/1957.

Il en est du sport comme de la vie, sans que l’on sache vraiment pourquoi les difficultés s’accumulent et subitement on se sent impuissant face aux aléas de la vie. Ainsi l’équipe brillante de la saison précédente va éprouver les pires difficultés pour sauver sa place en 2ème Division.

Le début de saison est difficile, le club écope de deux points de pénalisation… deux points qui vont peser lourd au moment du décompte final, deux points qui vont saper le moral de l’équipe. La commission sportive chargée de la composition de l’équipe ne parvient pas à trouver de solutions.

A la fin de la phase aller, l’U.S.Q. occupe la dernière place de la poule… les défaites s’ajoutent les unes aux autres (9 au total). Le match décisif se joue à Quillan contre Moissac. La victoire, 6 à 0, sauve le club de la relégation en 3ème Division malgré une dernière place au classement. La formule du championnat et la victoire de Moissac sauvent le club.

Le Championnat est alors constitué de 6 poules. Seuls quatre clubs descendent, ceux qui ont obtenu le moins de points : Mâcon avec 15 points, Gallia Perpignan avec 14 points, Saint-Jean de Luz avec 18 points et Issoire avec 20 points sont relégués. L’U.S.Q. (22 points) et le S.B.U.C. (23 points) préservent l’essentiel, c’est-à-dire le maintien.

Au cours des cinq saisons suivantes, à l’exception de la saison 1959/1960, le club joue les phases finales. Le 22 mars 1959, le terrain de Montauban n’est guère favorable à nos couleurs, Limoges vainqueur 3 à 0 met un terme aux espoirs quillanais dès les 16ème de finale.

La saison suivante (1959/1960), la défaite à domicile face au leader de la poule Oloron Sainte-Marie (6 à 3) est fatale à l’U.S.Q. qui finit sixième… et non qualifiée.

Après cette saison en demi-teinte, la Haute-Vallée retrouve des couleurs, rouge et bleu, en 1960/1961. Tout d’abord le conseil municipal vote l’emprunt pour la construction des tribunes du stade. Sur le plan sportif, le bilan est plus que satisfaisant… avec 31 points l’U.S.Q. finit seconde de sa poule et obtient brillamment sa qualification.

Les Camboulive, Nicol, Boyer, Membrives, Clarac, Sénié, Bonnans, D’Andréa, etc… sortent victorieux de leur confrontation avec Aire-sur-Adour en 16ème de finale, sur le terrain de Montrejeau : 10 à 3 grâce à 2 essais transformés, l’un de Nicol, l’autre de Marty.

Une fois encore le terrain de Montauban ne veut pas porter bonheur à nos couleurs. En 8ème de finale, une autre équipe limousine, Saint-Junien, stoppe la route de l’U.S.Q. battue 6 à 0 après avoir vendangé de multiples occasions de marquer.

La saison 1961/1962 débute sous les meilleurs auspices. Quillan et Espéraza dans la même poule en 2ème Division. Derby de la Haute Vallée à Espéraza. Match nul 3/3, au retour victoire de Quillan 6/3 devant près de 3000 personnes. Les chapeliers d’Espéraza se qualifient pour les 16ème, parviennent en demi-finale et montent en Nationale.

Quillan reste en rade malgré une grande maîtrise affichée (3 défaites seulement au cours de matches de poule). Victorieuse de Gujan Mestras à Auch, 9 à 6 après prolongations, grâce à trois essais de Jansana, Martre et Nicol, l’U.S.Q. compte bien poursuivre sa route en 8ème, sur le terrain de Narbonne, face à une vieille connaissance Châteaurenard. Plus motivés et plus entreprenants ce jour-là, les Vauclusiens éliminent l’U.S.Q. sur le score de 6 à 3. Pour Quillan la désillusion est grande… en effet les deux clubs étaient dans la même poule et les Quillanais l’avaient emporté à domicile et à Châteaurenard. Petit péché d’orgueil engendré par ces deux succès ? En tout cas, ce jour-là Châteaurenard rappelait à l’U.S.Q. qu’un match de phases finales ne ressemble à aucun autre, et que sur un match tout est possible.

L’exercice suivant (1962/63) sera tout aussi favorable, l’équipe qui a conservé la même ossature réussit une saison pleine. Malheureusement, sans avoir démérité, l’équipe fanion est battue en 16ème de finale, sur le terrain de Saint-Girons, par le règlement.

A la fin du temps réglementaire et après prolongations, l’U.S.Q. et son adversaire du jour, Castelsarrasin, ne sont pas parvenus à se départager. Castelsarrasin se qualifie au bénéfice d’un meilleur classement lors des matchs de poule.

On note aussi la même année les bons résultats obtenus par l’équipe réserve, éliminée en 8ème de finale. Autre satisfaction, les bons résultats et la qualification pour les phases finales obtenus par les Juniors.

La naissance de l’Union Sportive Quillan-Espéraza (U.S.Q.E.)

Quillan piétine en 2ème Division ; le club d’Espéraza (C.O. Espéraza Limoux) vient de quitter la 1ère Division après un séjour rapide. Le C.O.E.L. affiche un déficit de deux millions d’anciens francs, (beaucoup plus selon certains…).

En 1962, par un vote unanime, les Espérazanais avaient été partisans d’une fusion C.A.O.E. avec la J.A.O. Limouxine. Ce fut un échec, les Espérazanais avaient été trompés par des promesses alléchantes de soutien financier.

D’année en année le déficit du club était allé en s’aggravant. Le retrait financier de la municipalité de Limoux ne fait que rendre la situation plus délicate. Le problème de la fusion avec un club (Quillan) ayant comme Espéraza une ossature joueurs est posé. Jean Chatelus dira : “C’est l’avenir du rugby à Espéraza”. Dans son intervention au cours d’une réunion décisive tenue “Salle Roncero” le secrétaire général Chatelus, indique les avantages de la fusion :

– l’amalgame des meilleurs éléments des deux clubs peut donner une équipe “tremblante”

– deux subventions des municipalités de Quillan et Espéraza peuvent être espérées ; la sportivité des deux municipalités met à l’abri le nouveau club de toute surprise désagréable

– des cartes d’abonnement seront vendues dans les deux localités – l’offre de la société “Formica” de procurer aux joueurs des situations d’avenir

– le nom qui sera donné au nouveau club comprendra Quillan et Espéraza – les matchs alternatifs sur les deux terrains satisferont le public espérazanais.

La proposition de fusion fut adoptée malgré un pourcentage conséquent d’abstentions. Le Comité Directeur d’Espéraza l’avait adoptée : 13 présents, 11 oui, 2 non.

Le groupe chargé de mettre au point les modalités de l’Entente était composé pour le C.O.E.L. (Espéraza-Limoux) de Messieurs Journet, Carrere, Casassus, Chatelus, Demiautte, pour l’U.S. Quillan de Messieurs Mullot, Monnié, Saura, Olard, Kulpa.

La réussite de cette fusion est surtout le fait de deux hommes : Messieurs Paul Mullot et Jean Chatelus. L’un et l’autre avaient la nostalgie d’une équipe de 1ère Division. Ils furent aidés par l’existence à Quillan d’une usine de stratifiés “Formica”.

M. Paul Barrière, Président de la Ligue du Jeu à XIII, à l’occasion de rencontres en Angleterre avait eu des contacts avec des industriels anglais. Il sera l’élément moteur de l’implantation des stratifiés à Quillan.

La société anglaise “Thomas de la Rue” s’installa dans les locaux de l’usine Jean Bourrel. L’Administration avait accordé les autorisations nécessaires. Les premières machines furent débarquées à Bordeaux. Cette implantation fut une réussite, 2.000 m2 de stratifiés en 1952, 30.000 en 1954. M. Guilhem fut le premier directeur de l’usine. Au moment de la fusion, M. Paul Mullot était directeur général de l’usine Formica.

Au cours de l’Assemblée Générale constitutive de l’Union Sportive Quillan-Espéraza (U.S.Q.E.) fut élu le Comité Directeur Suivant :

Président : M. Paul Mullot Présidents délégués : MM. François Journet, René Galy, André Franzone

Vice-présidents : MM. Louis Resplandy, Guy Casassus, Guy Clarou, Pierre Roueylou, René Gleizes

Secrétaire général : M. Jean Chatelus Secrétaire général adjoint : M. François Monnié Secrétaires adjoints : MM. Jean Truilhet, Roger Alibert Trésorier général : M. François Saura Trésoriers adjoints : MM. Louis Sicre, Alphonse Demiautte, Jean Tailhan

Présidents et membres des commissions : MM. Canal, Olard, Boixo, Kulpa, Marcel Journet, Carrere, Albas, Palacios, Auge.

L’entraînement est confié à Guy Burgas, joueur du club. Les débuts de l’Entente furent difficiles. Riche qualitativement et quantitativement en éléments de classe, l’U.S.Q.E. tâtonne un trimestre pour dégager sa formation de base.

Une moyenne d’âge peu élevée : seuls Martre, Burgas, Véronèse dépassent la trentaine ; les autres s’échelonnent entre 17 et 26 ans. L’équipe a déjà une ossature de Nationale avec Burgas (Montferrand), Véronèse (Vichy), Bellecoste (Saint-Girons), Camiade, Astor, Guinard, Milles (U.S.A.P.). C’est cette ossature bien amalgamée qui, à compter du 23 janvier 1964 jusqu’au 10 mai, date de son sacre ne concéda la moindre défaite en rencontre officielle.

Le début de saison est prometteur tant en amical que lors des matchs du Challenge de l’Essor. Cependant le début de saison en championnat est un peu plus difficile.

L’amalgame n’est pas encore réalisé, aussi l’U.S.Q.E. va tâtonner un trimestre avant de trouver ses marques et stabiliser sa formation de base.

Malgré une défaite chez la lanterne rouge Lyon (6 à 3), l’U.S.Q.E. termine en tête de sa poule après son succès lors de son dernier match contre Montélimar (22 à 6). C’est une ambiance extraordinaire qui règne au sein du club et des supporters à la veille des 16ème.

L’U.S.Q.E. a réussi un cavalier seul, en Challenge de l’Essor, face au Gallia Perpignan (42 à 3). Elle retrouve face à elle sur le terrain de Saint-Girons la redoutable formation de Castelsarrasin… qui l’avait bouté hors de la compétition l’an passé à ce même stade de la compétition.

Les résultats obtenus lors de la phase qualificative plaident en faveur de l’U.S.Q.E. mais les joueurs de la Haute-Vallée ont appris, à leurs dépens, qu’il ne faut jamais mésestimer un adversaire (défaite face à Châteaurenard en 1962 en 8ème).

A un an d’intervalle et sur le même terrain face au même adversaire… l’histoire ne se renouvellera pas : après un match difficile face à des Lot et Garonnais survoltés, l’U.S.Q.E. réduite à 14 après expulsion de Sein, sort victorieuse grâce à un essai de Camiade transformé par ce même joueur. Pour une fois les dieux du sport étaient favorables à la Haute-Vallée.

En 8ème de finale, les joueurs “rouge et bleu” trouvent sur leur route un autre obstacle : Pamiers. Sur le terrain de Lavelanet, devant un public nombreux (plus de 4.000 spectateurs), l’entente remporte une brillante victoire 10 à 6… et se met à rêver ! Avant de jouer les quarts de finale, l’U.S.Q.E. échoue en demi-finale du Challenge de l’Essor devant Vic-Bigorre, plus entreprenant (6 à 0) sur le terrain de Montréjeau. Qu’importe, le moral est au beau fixe.

En ce 19 avril, des centaines de supporters de Quillan et de la Haute-Vallée prennent la route de Lannemezan sous un soleil printanier afin d’assister au match de quart de finale qui va opposer leur favori à Hendaye.

Sous une pluie battante qui a transformé le terrain en bourbier, il est difficile de réaliser du beau jeu. Ce quart de finale se résume à un duel d’avants et à un jeu de gagne terrain au pied. L’U.S.Q.E., qui va mieux maîtriser ces conditions atmosphériques exécrables, se sort de ce guêpier grâce à une pénalité de Camiade à la 78 ème minute… 3 à 0 évitant ainsi les prolongations.

Tout d’un coup la fièvre gagne la Haute-Vallée de l’Aude, l’espoir de retrouver l’élite du rugby national renaît.

L’examen de passage pour la division nationale se jouera à Pamiers, face à la redoutable formation de Bagnères de Bigorre forte d’éléments de valeur comme l’arrière Cassou, Carrere et surtout Labazuy, qui a éliminé Côte Vermeille lors du match précédent et considérée par de nombreux observateurs comme l’équipe favorite du championnat. En ce 26 avril, un rêve de 30 ans se réalise. Soutenue par une cohorte nombreuse et colorée qui a envahi dans une ambiance de kermesse le stade Pierre Balussou, l’U.S.Q.E. vient à bout de la résistance bagnéraise : 8 à 5 après une heure de travail de sape des avants audois, Bagnères subit un “K.O.” en trois minutes : deux essais de Véronèse (65) et Rouger (68) et une transformation de Camiade… transformation contestée car accordée par l’un des arbitres de touche, refusée par l’autre… mais entérinée par l’arbitre de la rencontre M. Fonfrede.

A cet instant l’U.S.Q.E. mène 8 à 0. Il ne restait plus guère d’espoir pour la bagnérais… excepté celui de sauver l’honneur, chose qu’ils parvinrent à faire avec beaucoup de panache en offrant au public le plus beau mouvement du match et un essai remarquable dans sa conception et sa réalisation, prouvant ainsi que la réputation des lignes arrières bagnéraises n’était pas usurpée.

Techniquement et athlétiquement supérieur, l’U.S.Q.E. s’octroyait une victoire indiscutable. Ainsi l’Union Sportive Quillan-Espéraza assurait sa qualification pour la finale du Championnat de France de 2ème Division et son accession à la division nationale pour la saison 1964/1965. Finale inédite qui opposera l’U.S.Q.E. à Condom.

Pour ces deux équipes, le chemin parcouru est un peu similaire, il ne s’agit point du travail d’une saison, le résultat obtenu est le fruit d’une longue ascension amorcée depuis plusieurs années. Pour les Gersois, à plusieurs reprises le rêve de jouer en 1ère Division a été caressé : en 1961 ils échouent, leur vainqueur, Saint-Junien, se qualifiant au bénéfice du règlement. En 1962, c’est Espéraza qui élimine au même stade de la compétition (quart de finale) Condom et monte en 1ère Division.

En 1963, Condom est battu en demi finale par Saint-Junien et échoue une fois encore dans sa quête du Grall. 1964… cette fois-ci c’est la bonne… l’équipe gersoise obtient son billet pour l’élite, chose qui ne semble pas imméritée à la lecture du palmarès de cette équipe.

Face à elle, Quillan-Espéraza, qui pour sa première année d’existence s’offre un incroyable bonheur et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Quitte à être en finale… autant être champion !

Finale de deuxième Division à Graulhet.

Le 10 mai 1964, sur le terrain de Graulhet, l’U.S.Q.E. joue son dernier match de la saison : la finale de 2ème Division.

L’affaire débute mal pour l’U.S.Q.E. Une finale disputée à l’énergie, parfois heurtée et émaillée de quelques bagarres dont l’une, générale, se termine par la mise hors combat du demi de mêlée et capitaine condomois Begue. A la pause Condom mène 5 à 0. A la reprise, les “bleu” retrouvent leur maîtrise technique. A la 50ème minute, Camiade réduit le score sur pénalité… Quillan-Espéraza revient à 2 points de Condom.

A la 56ème minute, alors que le demi de mêlée de Condom reprend sa place, une nouvelle bagarre se traduit par l’expulsion du 2ème ligne de l’U.S.Q.E. Sein, les “bleu” finiront donc la partie à quatorze.

A la 66ème minute, après une mêlée aux 20 mètres gersois, Puget perce, tape à suivre et aplatit le premier dans l’en but… L’U.S.Q.E. pour la première fois de la partie passe en tête (6 à 5). Il reste encore une dizaine de minutes à jouer, attaques et contre-attaques se multiplient.

A la 70ème minute, sur sortie de mêlée, le 3ème ligne Rouge perfore la défense gersoise et s’en va seul aplatir un deuxième essai entre les poteaux… la transformation est réussie par Camiade, l’U.S.Q.E. se détache 11 à 5. Le score ne changera plus… au coup de sifflet final l’U.S.Q.E., pour sa première année d’existence, remportait le titre.
Des décennies de vaches maigres rugbystiques en Haute-Vallée s’achevaient en ce mois de mai, les nouveaux héros : Véronèse, Martre, Milles, Sein, Clément, Burgas, Bellecoste, Rouger, Galy, Puget, Casteiltort, Guinard, Astor, Carola, Camiade… aux quinze artisans de la victoire en finale s’ajoutent ceux qui ont participé à la “montée” : Dupré, Guichou, Bonhoure, Planella, Membrives, Montagné, Dalbo, Burgard, Cazales.

Inutile de dire que le titre sera dignement fêté… à de multiples reprises aussi bien à Quillan qu’à Espéraza. Aux dires de certains ces épreuves gastronomiques furent aussi difficiles que celles vécues sur les stades tout au long de la saison.

Voici les 26 artisans de la montée en 1ère Division et le titre de Champion de France (2ème Division): Arrières : Camiade, Burgard, Cazales Ailiers : Casteiltort, Carola, Montagné, Dalbo Centres : Astor, Guinard, Campillo, Fabien Demis : Puget (O.), Galy (M.) 3ème lignes : Burgas, Rouger, Bellecoste, Membrives 2ème lignes : Sein, Clément, Bonhoure, Planella Piliers : Milles, Guichou, Véronèse Talonneurs : Dupré, Martre Particularité Martre : Champion de France en 3ème Division, décrochait un nouveau titre suivant les traces de son père, talonneur de l’équipe championne de France en 1929.

Le titre de Champion de France 2ème Division fut acquis en finale devant Condom par 11 à 5 (2 essais Puget et Rouger, une transformation et une pénalité de Camiade). C’était sur le terrain de Graulhet. Il faut noter qu’en 1966, Espéraza créait sa propre équipe le C.A.E..

Ce n’est qu’en 1987 que Quillan, ne comptant plus de représentants d’Espéraza dans son Comité Directeur, supprima le E du sigle. En 1993, devenait U.S. Quillan Haute-Vallée.

Le retour au sommet (1964 – 1971)

L’accession à la division nationale, attendue depuis plusieurs décennies, scelle la réussite de deux clubs, de deux villes, mais aussi d’une entreprise : Formica.

En effet, 21 des 26 artisans de la montée et du titre travaillent dans cette entreprise où, sans être des professionnels, ils bénéficient d’un certain nombre d’avantages leur permettant de concilier sport de haut niveau et vie professionnelle.

Cette accession à l’élite du rugby national n’est pas une fin en soi. En effet l’objectif majeur des dirigeants du club est alors de pérenniser la présence de l’U.S.Q.E. à ce niveau. Bien sûr chacun sait dans la Haute-Vallée que cela ne sera pas facile… mais l’équipe est sur une dynamique de victoires, l’équipe a déjà une ossature de nationale et des joueurs expérimentés, l’effectif est jeune, de plus des jeunes très prometteurs s’affirment à chaque sortie comme Cazales, demi-d’ouverture et international junior.

Au cours de l’inter-saison des rumeurs parcourent la Haute Vallée, la plus répandue étant l’éventuelle fusion de l’U.S.Q.E. avec Carcassonne. La réponse du président Mullot est sans ambages : cette fusion avec le club de la Préfecture n’est pas envisageable que ce soit à court terme comme à long terme… pour lui, il existe une entité Haute-Vallée de l’Aude qui s’oppose à ce rapprochement avec Carcassonne.
Si l’entente avec Espéraza a été possible et fructueuse cela tient à la proximité des deux communes, aux liens préexistants, à une culture et des mentalités proches, au fait que l’alternance des matchs à domicile ne briment aucun des deux publics sans les contraindre à faire 100 km pour assister à un match.

L’U.S.Q.E. va alors faire une carrière tout à fait honorable en nationale. Les meilleures équipes de l’hexagone viendront tomber en Haute-Vallée. Régulièrement les supporters de l’U.S.Q.E., comme leurs voisins narbonnais, connaîtront les joies des phases finales, ces grandes fêtes païennes du monde de l’Ovalie.

L’apprentissage est cependant difficile. Pour sa 1ère saison de l’élite, l’U.S.Q.E. sauve sa tête in extremis. La victoire obtenue à Cahors lors de l’avant dernière journée chamboule les données de la poule. Cahors, Foix et l’U.S.Q.E. vont jouer leur saison sur le dernier match.

Pour cette dernière journée, Cahors se rend à Vichy tandis que l’U.S.Q.E. reçoit le leader de la poule Bègles et ses vedettes : Crampagne, Trillo, Lafourcade, etc… L’U.S.Q.E. doit vaincre, mais un nul suffirait en cas de défaite de Cahors à Vichy. L’U.S.Q.E. et Bègles ne peuvent se départager : 5 à 5. Dans le même temps, Cahors est battu à Vichy. A égalité de points avec les Cadurciens, les “Usquéistes” tirent profit de leur victoire à Cahors pour sauver leur tête en nationale.

La saison suivante, les points perdus à domicile face au dernier de la poule le Stade Toulousain (0 à 0), Angoulême (6 à 6) et Agen ne permettent pas d’obtenir la qualification… l’U.S.Q.E. se classe 33ème club et 1er non qualifié.

Cependant dans le même temps, l’équipe obtient son billet pour les quarts de finale de la coupe de l’Espérance. Vainqueur de Montauban (19 à 3) sur le terrain de Foix, l’U.S.Q.E. se qualifie pour la demi-finale de ce challenge.

Sur le terrain du stade Jean Alric à Aurillac, transformé en bourbier par les pluies incessantes, l’Entente affronte La Rochelle pour le compte de cette demi-finale. Un malheur n’arrivant jamais seul, si les joueurs de l’U.S.Q.E. sont bien présents dans le Canton, il n’en est pas de même des licences qui elles n’ont pas fait le déplacement… ainsi que les cartes d’identité de certains joueurs.

Seule la sportivité des dirigeants rochelais permet le déroulement de ce match. En effet ces derniers autorisèrent l’arbitre à laisser jouer tout le monde. Ce beau geste de “fair-play” n’empêchera pas la victoire de l’U.S.Q.E. : 8 à 3 (un drop et un essai de Cazales et une transformation de Camiade).

La finale se joue presque à domicile… sur le terrain de Carcassonne ; face à l’U.S.Q.E. une équipe redoutable : Graulhet. Après une entrée en matière fracassante, l’U.S.Q.E. craque physiquement et ne peut s’opposer au retour des Tarnais en meilleure forme physique puisque qualifiés pour les phases finales du championnat. Victorieuse 14 à 5 de l’Entente, Graulhet remporte pour la 4ème fois ce trophée, mais l’U.S.Q.E. a été un interlocuteur valable.

La même saison, l’équipe réserve obtient le titre de Champion du Languedoc aux dépens du R.C. Narbonne… et poursuit sa route en Championnat de France. Malheureusement l’aventure des phases finales s’achève sur le terrain de Châteaurenard face au R.C. Toulon au terme d’un match plutôt houleux.

A l’automne 1966, les rouge et bleu entament leur 3ème saison en Nationale. Personne ne pensait alors que l’U.S.Q.E. prenait le départ de sa plus belle des saisons depuis son retour en nationale. Les mois de vacances ont été fertiles en péripéties : Martre, Milles et Guinard ont pris leur retraite sportive, d’autres sont partis sous d’autres cieux : Bellecoste, Galy, Dupré et Serret.

Pour combler les vides causés par ces départs, le club enregistre les rentrées de Ros et Pidoux qui après une année de purgatoire (pour cause de mutation) peuvent enfin récupérer leurs licences.

Au panthéon du rugby quillanais, les figures emblématiques sont nombreuses… au sein de ce panthéon, Henri Pidoux occupe une place privilégiée. Si tous les joueurs, sans exception, ont participé à l’histoire du club, ce n’est pas leurs faire injure que d’écrire que certains ont laissé dans la mémoire sportive collective une trace plus importante ; c’est le cas d’Henri Pidoux qui fut un personnage clé du club à la fin des années 1960 et durant les années difficiles.

Personnalité attachante, Pidoux su se faire apprécier de tous, partenaires et adversaires apprécièrent son “fair-play”, sa gentillesse, sa correction, son sens du jeu, sa classe balle en main, son courage, son sens du devoir et du sacrifice… ses nombreuses blessures prouvant bien que pour lui ces valeurs là n’étaient pas que de vains mots. Gentleman du rugby, Henri Pidoux fut un parfait sportif dans la plus saine acceptation du terme.

En espérant que ces quelques lignes ne froisseront pas quelques susceptibilités mal placées, je sais que ce petit hommage ira droit au cœur de tous ceux qui l’ont apprécié en tant que partenaire ou ami… et qui n’ont pas encore surmonté sa disparition tragique.

Le rugby, ce n’est pas seulement des résultats et des classements. C’est aussi des histoires d’amitié… celle-ci en fut une.

Revenons-en à l’historique du club. Le début de saison semble donner raison aux pessimistes, à tous ceux qui pensaient que l’U.S.Q.E. allait connaître une année difficile.

Suite à quelques incidents, en particulier contre Lannemezan, le club s’attire les foudres fédérales au lendemain du match contre Périgueux, l’U.S.Q.E. apprend le retrait de licence de quatre de ses joueurs. Le mauvais sort semble s’acharner sur l’U.S.Q.E.

Or, c’est dans l’adversité que l’Entente va se retrouver. La courte victoire de Brive à Quillan (3 à 0) va insuffler un second souffle à l’équipe : tour à tour Tulle, le Stade Toulousain, Carmaux, Périgueux tomberont en Haute-Vallée… tandis que le P.U.C. et Foix seront battus sur leurs terrains. L’U.S.Q.E. termine 3ème de la poule et pour la 1ère fois depuis son retour gagne le droit de disputer les phases finales du Championnat de France.

Le 9 avril 1967, au stadium municipal à Toulouse, l’U.S.Q.E. réussit l’un des exploits de ces 16ème en venant à bout de l’Aviron bayonnais : 6 à 5… un drop de Puget et une pénalité de Camiade contre un essai de Bafcop transformé par Dufourg.

Au cours de cette partie, l’U.S.Q.E., avec quatre juniors dans l’équipe, prouve à ses détracteurs et au public toulousain, avec qui les relations n’étaient pas trop cordiales, que l’on sait jouer au rugby dans la Haute-Vallée et de manière correcte. Cette bonne performance sera malheureusement sans suite. En 8ème Quillan affronte Montauban sur le terrain de Tarbes ; malgré la cohorte de supporters qui a effectué le déplacement en Bigorre, Montauban s’impose largement : 19 à 3.

Cependant Quillan n’aura pas à rougir de cette défaite puisque quelques semaines plus tard les Montalbanais deviennent Champions de France en battant Bègles sur le score de 11 à 3.

L’exercice 1967/1968 sera lui aussi un bon cru, le club doyen de la Haute-Vallée termine 3ème de sa poule et obtient sa qualification pour les phases finales… avec au passage un nul obtenu sur le terrain du Champion de France (9 à 9) et une victoire sur ce dernier à domicile (8 à 5), ainsi l’honneur est sauf.

USQE-PARIS UNIVERSITAIRE CLUB

USQE-STADE TOULOUSAIN,USAP,MONTAUBAN,SAINT-GIRONS.

Le rugby au collège.

En ce temps là, le collège de Quillan était dirigé d’une main de fer emmanchée d’une raquette de bois dur par Monsieur Louis Gosse grand amateur de rugby.

C’est donc naturellement, que la plupart des élèves du collège quillanais optaient plus ou moins volontairement pour ce sport et contribuaient ainsi à enrichir l’effectif de l’USQE.

Une fois par an, un match profs-élèves était organisé au stade municipal (actuel Jean Bourrel) dirigé par le sifflet de Monsieur Gosse; ambiance assurée…

Monsieur André Camboulives notre prof de “gymnastique”. Il en a vu passer des jeunes..
Tout comme Monsieur Gosse il a énormément contribué à l’évolution de nombreuses carrières rugbystiques.