1929 cette année là…

Comment Quillan et Lézignan accédèrent à la finale.

Jamais semble-il, la compétition nationale n’avait présenté autant d’intérêt, ni déchainé autant de passions. Pour en arriver à ce stade de la compétition, Quillan autant que Lézignan ont dû lutter sans défaillance, éliminer des rivaux d’autant plus dangereux qu’ils étaient proches et qu’on en connaissait toutes les ressources.

Tous ont paru étonnés de la relative facilité avec laquelle l’équipe de Quillan s’est qualifiée, n’accusant jamais de fatigue ou de baisse de forme.

A vrai dire, l’équipe de Jean Bourrel en est arrivée à ce point de la perfection où l’effort se dissimule sous les apparences de la plus éclatante virtuosité.

En réalité, éliminer Agen à Bordeaux sur le score de 17 à 3, et ensuite, en demi-finales scorer Toulon par un magistral 27 à 3, avait ouvert à l’U.S. Quillanaise les portes de la finale et de cette manière-là, ce n’était pas une petite performance…

Elle était sans doute à la portée d’un seul club: Quillan!

Lézignan de son côté avait disposé de Bordeaux en grand style mais avait connu les pires émotions au cours du choc qui l’opposa à Béziers. Cette capitale rencontre fut caractérisée par de terribles bagarres.

Le cuisant souvenir des horions reçus pouvait bien handicaper les lézignanais au moment décisif.

Comment CA Gonnet, journaliste de Match,examinait l’équipe de Quillan.

Quillan? Groupe éminemment sympathique. Quinze, fait de pièces et de morceaux, mais qui a acquis au cours de plusieurs années de jeu en commun une homogénéité, une soudure catalane que beaucoup n’ont jamais pu acquérir dans de pareilles proportions.

Le mérite de Quillan?

D’avoir réagi de toutes ses forces contre la brutalité. D’avoir été le bloc où toutes les vagues mauvaises viennent mourir. D’avoir préféré en toutes occasions le jeu ouvert, basé sur l’action de prestigieuses lignes arrières autant que sur la verve d’une ligne d’avants qui aime à voir voltiger la balle. Il est dans le Languedoc des packs plus rudes il n’en est point qui donne davantage de beaux spectacles et tienne en plus haute estime les lois du « fair-play ».

De toutes les étoiles de ce fruit, l’action de tous se confond dans le jeu. On joue pour l’équipe, peu importe qu’ untel marque plutôt qu’un autre, l’essentiel est de marquer. Fi de louanges individuelles.

Les lignes arrières, triangle offensif de premier plan, font éclater leur brio à tous les yeux. Cutzach, brun, décidé et puissant lance rapidement sa ligne. Bonnemaison, sobre et effectif a le coup d’œil du leader. Baillette, étourdissant crocheteur, plonge aux buts ou lance Soler. Entraînée à fond par Lacourt, obéissante au doigt et à l’œil à Ribère leur capitaine, l’U.S. Quillanaise tiendra les quatre-vingts minutes…Lézignan aussi….

Les chances des uns et des autres.

Les « vert et blanc » de Sébédio ont espéré longtemps la remise du match. Les pourparlers engagés entre le F.C. Lézignan et l’US Quillan n’ayant pas abouti.

Quillan a fermement maintenu sa résolution de jouer le 29 mai, date officielle arrêtée par la fédération. Le mardi matin la décision était encore douteuse. Lézignan était sorti tout meurtri de l’ardente lutte qu’il venait de soutenir à Carcassonne contre les biterrois et demandait le renvoi de cette finale le 26 mai.

Seule une entente entre les deux clubs intéressés pouvait permettre de changer une date qui avait été arrêtée depuis plusieurs semaines. Comme cette entente ne put se réaliser, le bureau de la Fédération réuni à Paris, dut s’en tenir aux décisions déjà prises et déclara que la finale aurait bien lieu le 19 mai au stade des Ponts Jumeaux à Toulouse.

Le sort en était jeté: la partie ne peut pas être remise. L’équipe de Quillan est disposée à fournir du beau jeu, comme c’est son habitude. S’attendant à jouer dimanche, c’était beaucoup leur demander que de renoncer à leurs espérances. Que d’autres clubs se mettent en pensée à leur place.

Enfin le Grand jour…

Nous voici arrivés au match final de ce tournoi national.

Après la remise des palmes à chacun des deux capitaines, Quillan tape le coup d’envoi; les dés sont jetés.

Première mi-temps.

Les Chapeliers jouent le soleil dans les yeux. Il faisait ce jour-là une chaleur étouffante dans la ville rose.

Les lézignanais d’entrée lancent deux offensives efficaces et les buts quillanais sont en danger. Une touche se joue d’abord, un cafouillage lui succède et Clady en extrait la balle, fonce et marque.

La transformation est manquée. Il y a à peine quatre minutes que l’on joue et le F.C. Lézignanais mène sur le score de 3 à 0.

Les opérations sont stabilisées au centre, puis les blancs poussent une pointe dangereuse jusqu’au trente mètres quillanais, promptement dégagés par Lladères.

Les fantassins blancs maintiennent leur pression, les touches et les mêlées sont leur apanage. Un quillanais est touché.

Les trois-quarts « rouge et bleu » à la remise en jeu s’envolent, tapent à suivre, Calmet se fait boucler et, pour avoir trop gardé trop longtemps le ballon, fait pénaliser son équipe d’un coup franc. Le but tenté des quarante mètres par Quillan est loupé.

Les lézignanais repartent de plus belle, et Lladères commet une faute, de ce fait, les blancs excursionnent en terre quillanaise où Bes est touché. Sur touche les blancs démarrent et aplatissent un essai, refusé par M. Jasmin pour irrégularité.

Les quillanais se débattent avec désespoir sur leur ligne de but. La lutte est âpre. D’un superbe coup de butoir, les hommes de Ribère se dégagent jusqu’au delà de leur quarante mètres. L’attaque quillanaise naît, se développe, s’étend et expire sur Bonnet, écroulé aux cinquante mètres. Une mêlée suit. Des coups de pied à suivre et les blancs marquent un essai, refusé.

Quillan se dégage et Bès coup sur coup manque le drop. Les quillanais se rebiffent et une splendide attaque de leurs trois-quarts prend fin sur Soler, plaqué en touche aux cinquante mètres. Bonnemaison est touché.

L’action des belligérants est fixée sur la ligne médiane. Lézignan est maître de la situation. A tous les coups la balle sort de sa mêlée. La touche voit aussi son avantage.

Les quillanais ne peuvent soutenir victorieusement cette empoignade d’avants. Leur défense est sur les dents. Ses derniers retranchements sont submergés et, plusieurs fois même les buts quillanais courent grand danger.

Un coup franc de Quillan suivi d’un superbe coup de botte de Baillette et les opérations évoluent au centre.

Les quillanais peuvent faire donner leur cavalerie. Le mouvement prend de l’extension et Soler se fait coincer en touche près des buts lézignanais.

Ceux-ci dégagent prestement. On joue au centre où Llary est blessé.

D’une touche Galia extrait la balle, passe à ses arrières, Baillette troue le rideau défensif adverse et adresse à ses coéquipiers qui se présentent à quatre devant Calmet. Une ultime maladresse prive Quillan d’un essai imparable sur la ligne de but lézignanaise. Sur la mêlée qui suit, Bès dégage loin en touche. Lézignan obtient un coup franc et Clady manque le but.

Du centre Quillan sort la balle, Cutzach lance ses trois-quarts. Ceux-ci démarrent, la balle passe dans toutes les mains, Soler file et veut sauter Calmet qui l’écroule magistralement. Les lézignanais se donnent de l’air et le repos est sifflé au bénéfice de Lézignan qui mène par un essai de Clady à zéro (3 à 0)

Deuxième mi-temps.

Lézignan donne le signal de la reprise à 16 h pétantes et joue à son tour face au soleil.

Une courte incursion dans le camp quillanais et une attaque des « rouge et bleu » se succèdent

Les lézignanais mènent un dribbling vigoureux et efficace et un blanc touche la balle en premier. L’essai est accordé: F.C.L.8-U.S.Q.0.

Les supporters lézignanais exultent, Sébédio est aux anges. Il se lève et s’approche du président quillanais Jean Bourrel. Arrivé à sa hauteur, il lui jette une liasse de billets de banque au visage et s’écrie « Tu vois, il te manque encore de l’argent pour que ton équipe puisse gagner.

Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, dit le proverbe et Sébédio l’apprit ce jour là à ses dépens.

Au fait, l’histoire ne dit pas ce que sont devenus les billets de banque…

Entre-temps, la rencontre se poursuit sur le terrain, et les blancs jouent avec une fougue endiablée et à un train d’enfer sans défaillance d’un seul instant.

Quillan attaque par ses trois-quarts et Soler est coincé au centre. Un coup de pied des athlètes quillanais et les cinq mètres lézignanais sont atteints. Coup franc à Quillan pour « off-side » de Boyer. Lézignan se dégage par Bès qui reste étendu un moment.

Quillan attaque et un cafouillage suit. Un blanc s’empare du ballon et l’adresse à un partenaire, mais Baillette surgit, intercepte la passe, file, feinte et arrivé devant Calmet, fait un service impeccable à Bonnet qui, après un sprint, marque l’essai quillanais en bonne position. Le but n’est pas fait: F.C.L. 8-U.S.Q.3.

Le jeu évolue d’un camp à l’autre. Les blancs d’abord approchent des buts quillanais puis, les Chapeliers lancent une offensive qui prend fin dans leurs quarante mètres. Quelques joueurs se livrent à un round de boxe et le jeu continue.

Les quillanais semblent maintenant plus confiants en leurs splendides moyens et partent à l’assaut des buts adverses avec une ardeur accrue.

Les lignes arrières quillanaises se lancent corps et âme dans la bataille. Des cinquante mètres les sprinters quillanais démarrent, la balle passe entre toutes les mains. Coincé à gauche sur la touche, Soler se déplace à droite, Baillette cueille le ballon au vol, l’adresse à Galia qui aplatit le deuxième essais quillanais sous les poteaux. Le but est fait; F.C.L.8-U.S.Q.8.

Les deux équipes sont à égalité, la partie est passionnante. Bonnet est blessé et Quillan ne joue plus qu’à quatorze. Lladères se signale par un dégagement magnifique. On joue dans les deux mètres quillanais. Une puissante intervention de Galia à la touche, continuée par un rush de Ribère porte le jeu sur la ligne lézignanaise. Les blancs se dégagent, mais les quillanais contre attaquent. Baillette à toute allure feinte, crochète sprinte et marque en bonne position. Le but quoique facile, est manqué. F.C.L.8-U.S.Q.11.

L’orage est dans l’air.

Lézignan, la rage au cœur s’accroche à toutes les branches. Des cinquante-cinq mètres le but est tenté sans succès. Les trois-quarts quillanais répliquent par une offensive qui prend fin au centre sur Soler. Sur une hésitation des blancs, les Chapeliers dribblent fort, Calmet se relève, dégage et trouve une superbe touche aux vingt-deux mètres quillanais.

Les joueurs échangent des coups réciproques et la foule menace d’envahir le terrain. Un vent de folie souffle sur le « ground ». La boxe reprend ses droits et la bataille est engagée sur et autour du terrain.

Tout rentre enfin dans l’ordre car immédiatement après, la fin du match est sifflée.

L’US Quillanaise vient d’enlever brillamment le titre de Champion de France par onze points (trois essais et un but) à huit (deux essais et un but pour Lézignan).

Les supporters quillanais euphoriques envahissent le terrain pour féliciter leurs héros. Les Chapeliers sont portés en triomphe. Le trophée national appartient à la Haute-Vallée de l’Aude.

Commentaires d’après match.

Toulouse vient d’assister à l’apothéose du rugby français !
Les brillants quillanais, véritablement gentlemen de la balle ovale ont quitté l’arène sportive, le front ceint de la couronne des champions.
La France entière doit se découvrir bien bas devant cet exploit des rugbymen Chapeliers du grand mécène Jean Bourrel.
Disputée devant une foule vibrante et imposante, la grande finale a vu le triomphe du meilleur. C’est un évènement heureux pour l’avenir de notre sport roi.

Les lézignanais débutèrent à un train d’enfer, une volonté tenace habitait l’âme des athlètes aux maillots blancs écussonés de vert. Ils écœurèrent par leur fougue et leur allant une équipe quillanaise quelque peu désemparée.

Maîtres dans les touches, rois dans les mêlées fermées, démons déchaînes dans le jeu ouvert, les poulains de Sébédio écrasèrent littéralement dans les premières quarante minutes les joueurs quillanais. Ceux-ci étaient peut-être hypnotisés par le cran de leurs adversaires.
N’étaient-ils pas dans la plénitude de leurs moyens ? Toujours est-il qu’ils furent longuement menacés de l’étreinte de la défaite.
On peut invoquer que les brillants sprinters « rouge et bleu » ne virent que rarement la balle : c’est exact ! Mais lorsque celle-ci était entre leurs mains, quelle timidité dans l’exécution, quelles hésitations ! Témoin le mouvement déclenché par Baillette et qui, maladroitement fut gâché devant Calmet alors que quatre quillanais se présentaient devant la ligne blanche lézignanaise. C’est là une faute impardonnable pour une équipe aussi complète que celle de Quillan.

Dans la deuxième partie de la rencontre, les choses changèrent d’aspect.
Les lézignanais s’usèrent à leur propre jeu et les avants blancs progressivement baissèrent le pied. Les efforts fournis dans le premier temps de jeu, éprouvèrent rudement les blancs, puis les éclopés se ressentirent de leurs blessures, et, le tout, mit les lézignanais dans l’obligation de baisser le ton.
La mêlée quillanaise devint alors moins avare, les touches s’équilibrèrent, l’action dans le jeu ouvert devint plus crâne, et les lignes arrières quillanaises étalèrent alors leur talent et leur efficacité.

La partie revêtit un intérêt plus grand ; les chances devinrent égales. Puis dans une envolée éclair, les sprinters « Thibétains » portèrent la fatale estocade à leurs courageux adversaires.

L’arbitrage de M Jasmin ne saurait prêter le flanc à la critique au point de vue de l’impartialité. Mais il fut d’une bonté paternelle devant les actes de brutalité flagrants et en présence des accrocs pratiqués dans le règlement par les avants lézignanais.

Quillan fête ses Champions La cité des Trois Quilles au lendemain de la finale

Quillan s’est réveillée parée comme en un jour de grande fête. Drapeaux et banderoles tapissent les rues car chacun a apporté au décor le meilleur de soi-même pour le rendre plus attrayant et plus Vivant.

Eh, c’est que l’événement est important ! Imaginez, un petit chef-lieu de canton se retrouve champion national ! Cet événement est de marque et sans précédent dans l’histoire du rugby français.

De très bonne heure, dans les rues, sur les places, sur les boulevards et dans toutes les artères de la petite ville audoise, des groupes compacts commentent, à grand renfort de gestes, cette mémorable journée du 19 mai 1929 où leurs champions viennent d’emporter avec panache le titre suprême.

Certes, les émotions ont été grandes et ne seront pas de sitôt oubliées. Tous ceux qui, au stade des Ponts Jumeaux, encourageaient de leurs cris enthousiastes les joueurs, comme ceux qui, à Quillan, écoutaient sortir du haut-parleur la marche ascendante des Lézignanais, garderont toujours le souvenir de ces inoubliables minutes, de cet horizon assombri un instant et, enfin, de cet éclatant redressement du triomphe de la vitesse, de l’adresse, du “fair-play”, en un mot : du rugby exceptionnel.

Les Quillanais sont, à juste titre, fiers de leur équipe. Leur joie et leur bonheur éclatent sur tous les visages, se retrouvent dans la saveur de leur conversation et dans les rires sonores qui suivent leurs plaisanteries. La fièvre a gagné tous les cœurs. Combien est longue l’attente de l’arrivée de leurs Champions ! Les minutes s’égrènent avec une lenteur désespérante. Cela n’empêche pas la foule des Quillanais, à laquelle de nombreux étrangers se sont joints, d’emplir de très bonne heure la cour de la gare. Quillan est là, vibrant d’une orgueilleuse et débordante gaieté, pour apporter son grand hommage, témoigner toute sa sympathie et saluer comme il se doit les Champions de France.

Le Conseil Municipal au complet va prendre rang sur le quai de la gare, suivi des sociétés de la ville : la Lyre, la Clique, l’Orphéon, éclatants sous leurs costumes, les sociétés de secours mutuels, les représentants du Galia, du Club Olympique Quillanais, pépinière des joueurs de demain.

Enfin, la clochette vibre. Minute vraiment émotionnante, pendant laquelle la foule se recueille. Un coup de sifflet strident et la machine apparait. La sonnerie “Aux Champs” se fait entendre. Aux portières flottent les couleurs rouge et bleu. Les têtes apparaissent : MM. Bourrel, Ribère, Baillette, Bonnet, Cutzach, et tous enfin. Le train, en ralenti, fait une éclatante entrée, salué par “La Marseillaise” et les hourrahs frénétiques d’une foule trop longtemps contenue.

La présidente Mme. Bourrel, est là et visiblement très émotionnée. On lui fraie un passage pour lui permettre de témoigner toute la satisfaction que lui procure cette brillante victoire et donner l’accolade au vaillant capitaine Ribère. Ses valeureux camarades le suivent. Ils viennent de faire triompher, dans le plus envié et redoutable des championnats, les couleurs de la petite patrie.

Un discours du président de la Lyre et le défilé commence. Les gerbes de fleurs pèsent lourdement sur les bras. Dans la ville pavoisée et fleurie, la foule est plus nombreuse encore : les applaudissements crépitent sur tout le parcours. Chacun admire cette belle jeunesse qui vient de conquérir, au prix de magnifiques efforts, un si digne et si noble titre.

A travers les boulevards et les rues, aux sons entraînants de la Lyre et de la Clique, on se dirige vers la mairie où, la municipalité a tenu à faire aux champions une réception digne de leur mérite. Un objet d’art est offert à l’U.S. Quillanaise par l’intermédiaire de M. Pech, premier adjoint qui, dans une brève allocution, les a félicités de leur beau succès.

Nous voilà place de la République où l’estrade des grands jours est dressée. La façade du siège disparait sous les fleurs et, sur une banderole lumineuse, on peut lire : “Honneur aux Champions”. C’est formidable à voir, c’est féerique, et les yeux n’en croient pas leur émerveillement.

C’est aussi la dislocation du cortège, la rentrée solennelle au café de la Poste (maintenant Le Palace), où l’on va prendre un vin d’honneur bien mérité.

Le banquet.

Deux cents convives environ, amis du club, joueurs, dirigeants, conseil municipal, représentants des diverses sociétés et de la presse ont pris place autour des tables dressées dans la vaste salle du Théâtre Rouzaud.

Aux places d’honneur figurent MM. Bourrel, Bousgarbiès, Ribère, Castel, Bousquet, tous les joueurs et le loquace et bruyant Signoles.

Un menu exquis est servi : Hors d’œuvre à la Ribère Langoustes à la transformation de Baillette Les dindonneaux au direct de Galia Le cœur d’artichaut de Cutzach Le filet de bœuf aux semelles de Delort La bombe Soler Les coupes de fruits de Bonnemaison Les petits fours aux clous de Bonnet Le café des hospices de Raynaud Les vieilles liqueurs de Destarac Vin à la noix de Corbin.

Ce banquet avait été préparé par le traiteur limouxin de l’époque M. Comemale. A mi-repas, la Clique fait une agréable surprise. C’est ensuite le tour des Troubadours Quillanais, incomparables guitaristes, aidés par l’inégalable artiste Capela et l’excentrique Canadeil.

Voici enfin l’heure des discours qui clôturent une soirée sans égales.

Discours de M. Bourrel, président de l’U.S. Quillanaise:

 » Messieurs, Je voudrais pouvoir décrire la joie profonde et pure ressentie par mon âme aux trilles du succès final nous sacrant Champions de France. Mais, il est des sentiments que les mots sont impuissants à traduire tellement ils prennent l’homme aux fibres les plus intimes de son être et le font heureux au-delà de toute espérance.

Chers amis, chers joueurs, je suis heureux ! Je le crie. Il me faut, j’en ai besoin, extérioriser ce bonheur. Je veux que vous le partagiez tous, je veux que la famille de l’Union Sportive Quillanaise soit fière ainsi que ceux qui furent parmi les fondateurs du club et qui travaillent encore à sa prospérité. Qu’ils soient loués ceux-là aussi qui, plus jeunes continuent la tradition de leurs aînés ! Qu’ils soient loués tous ceux-là qu’animent un même amour !

Messieurs, nous ne serions pas nous-mêmes si nous n’affirmions solennellement que nulle pensée d’orgueil ne germera dans nos cerveaux. Si, ce soir, nous dégustons avec joie le vin de la victoire, nous n’oublierons jamais que la vertu première des hommes forts est de préparer dans le calme, la modestie et le travail un plus bel avenir ».

Je lève mon verre à nos vaillants athlètes, à tous ceux qui luttent pour le rugby, toujours vivace et, je bois à notre chère Union Sportive Quillanaise.