Si l’on attribue volontiers aux réseaux sociaux bien des défauts, il existe des exceptions à ce qui ne saurait être une règle.

Depuis que notre ami Thierry Meynier a un compte Facebook et encore mieux depuis qu’il est à la retraite (malgré son jeune âge) les quillanais en particulier (et le reste de la planète en général) bénéficient du plaisir de retrouver de vieux clichés issus du Studio Baraybar. Toutes les activités sportives, culturelles de notre région reprennent vie sous les mouvements de la souris de Thierry. J’en profite pour le remercier.

J’en profite pour remercier de-même certains qui ont apporté leurs souvenirs pour mentionner ou compléter les noms des joueurs sur les photos, comme Jean-Marie Novack.

N’hésitez pas à me faire part de vos remarques, à m’envoyer vos photos, commentaires ou rectifier mes erreurs.

Michel Moresqui mail: michel@moresqui.fr

Naissance et éveil du Club

En complément de cette page, une de l’ancien site, peut-être quelques doublons, mais aussi des photos qui ne figurent pas ici: Page de l’ancien site.

UNE EQUIPE DE JEUNES QUILLANAIS DU DEBUT VINGTIEME SIECLE RESTE A TROUVER LES NOMS ET DATE.

1902 LA PEPINIERE DE JOUEURS AUDOIS.

Les élèves du petit lycée de Carcassonne furent les premiers à apprendre les règles de footbal-rugby. et à créer ensuite une équipe chacun dans s a ville. Ce fut le cas pour Messieurs Louis MOULINES et Jules BONNEL à qui l’on doit la naissance du rugby à Quillan au tout début du vingtième siècle.

Messieurs Louis MOULINESet Jules BONNEL

L’éveil du club,et vers un premier titre (1902-1922)

D’après “Cent ans de Rugby à Quillan” Ouvrage coordonné par Louis Gosse Président de l’association “Les Amis du Centenaire” Dans la Haute Vallée, c’est lui le roi! Au cœur de la cité des Trois-Quilles, le rugby tient un rôle important depuis plus d’un siècle. C’est dimanche! Un grand nombre de supporters férus de ce noble sport envahit le stade. Là ils retrouvent avec plaisir leurs « Champions » qui manient avec plus ou moins de dextérité le ballon ovale. Le rugby, c’est tout un siècle d’évènements qu’il évoque. Une époque qui commença en 1902…mais, faisons un peu d’histoire…

Le rugby prend racine en 1902 (1898 affirment d’autres). Le premier match eut lieu à Quillan sous l’impulsion d’un groupe d’étudiants quillanais fréquentant les établissements de Mirepoix, Foix, Carcassonne, Toulouse. Ils prirent l’initiative d’organiser une rencontre Quillan- Couiza. Le premier Derby Haute-Vallée est resté légendaire car nos talentueux rugbymen se retrouvèrent incomplets et disputèrent ce premier match à moins de douze.

C’était vraiment assez incongru comme football-rugby, mais qu’importe, l’initiative était heureuse, car immédiatement, la jeunesse locale prit goût à ce nouveau sport. Cette première équipe vit le jour grâce à l’initiative de joueurs comme Jules Bonnel, Léon Goize, Louis Moulines, Laurent Ronso, Jules Truilhet…

Ces ardents propagandistes ne tardent pas à recevoir le concours de Léon Capela, Carbonneau, Louis Cartier, Adrien Pons etc…pour implanter ce jeu malgré le manque de terrain règlementaire. Les premiers matchs se déroulèrent sur un terrain exigu appelé « Le Poteau » sis face au dépôt des machines. Au gré des évènements on se transporte successivement sur le terrain de Marty (actuellement les Américains puis sur celui de Boyer (route de Ginoles), pour finir sur celui mieux adapté de Pons-Nicoleau (anciens établissements Gleizes). Le jeu de l’époque se pratiquait à 12, l’arbitre avait une petite corne à vélo en guise de sifflet.

Le premier match eut lieu à Couiza sur l’actuel stade des Joyeuses contre l’équipe locale formée et dirigée par le fils du maire, M Laffont. L’US Quillan triompha. L’année suivante match à Quillan sur le terrain « Les Poteaux » contre des scolaires de Carcassonne les locaux gagnèrent par 8 à 3. A noter que le premier essai symbolique marqué par Quillan le fut par Cablat.

Spectateurs et dirigeants devant les tribunes en bois.

Heureusement pour nous, il fut suivi de beaucoup d’autres.

Ainsi naquit l’US Quillanaise qui, arborant son maillot noir avec une bande verte, mit en évidence sa valeur athlétique, son adresse et son courage. C’est dans les années 1907/1908 qu’il perdit son caractère universitaire et un bureau fut alors constitué avec pour siège le café Pech (Actuellement Le Palace siège actuel du club US QUILLAN-LIMOUX) sous l’impulsion d’un nouvel arrivant d’Albi, Mr. Jean Robert, joueur de qualité. Mr. Robert est resté dans l’esprit de chacun comme le véritable promoteur du rugby quillanais. A cette époque l’équipe comprenait Adrien et Pierre Pons, Louis Courtejaire, Robert Dénarnaud, Robert (capitaine) et d’autres dont les noms se sont perdus avec le temps. Quelques matchs eurent lieu contre les équipes de Chalabre, Puivert.

C’est à ce moment là qu’apparurent les premiers spectateurs qui commencèrent à s’intéresser à ces matchs virils, quasi inconnus à l’époque. Une quête effectuée dans le public rapporte la somme modique de 10 francs. Vers 1908/1911, le maillot devint blanc avec une bande verte pour devenir par la suite à damiers noirs et bleus.

On peut se demander les couleurs actuelles « rouge et bleu » alors que les couleurs de la ville sont « jaune et bleu ». Monsieur Bourrel ( Président mécène du club) grand amateur de chevaux avait une écurie à Paris. Les couleurs de la capitale sont « rouge et bleu ». Dès 1911 le jeu de l’US Quillanaise s’améliore. Aussi en 1912, Quillan était Champion du Languedoc 2 ème série, ce qui était déjà une belle performance vue le nombre et la qualité des clubs en présence. L’équipe championne était formée de Pierre Pons, Louis Tailhan, Eugène Carbonneau, Adrien Pons, René Marty, Cauquil (capitaine et ouverture) Léon Capella (mêlée) Emile Pousse, Jean Robert, Jean Marty, Jules Bonnel, Garric, Gratien, Emile Courtejaire, Laurent Ronso, Caux et Delpech. La guerre Pendant la première guerre mondiale, L’US Quillan est mise en sommeil.

Elle reprit son activité en 1918 sous la présidence de Mr. Moulines puis de Jean Bourrel entourés de MM. Peyre, Boutes, Ronso, Bousquet, Chaubet, Ferret etc…C’est ainsi qu’animée par un comité dynamique et bien soutenue par la population des Trois Quilles, l’Union Sportive Quillanaise après une très brillante saison devenait pour la première fois en 1922 Championne de France de 3 ème série en battant en finale l’avant-garde de Soustons par 10 à 3 au terme d’une fameuse partie dont tous les témoins ont gardé un souvenir inoubliable. L’équipe Championne de France était formée de Chabaud, Sylvestre, Massette, Castel (capitaine) Doumergue, Colomiès (ouverture) Lauze (mêlée) Peyre, Brunet, Beaumel, Rivière, André, Amouroux, Cauneille et Capella.

1922 Champion de France 3 ème série.

En route vers les 3 finales

Pour tenter de mettre un frein à la violence sur les stades, la Commission des Qualifications adopte le 22 juin 1924, un règlement draconien

qui prévoie de sévères sanctions.

Mais de nombreux et fâcheux incidents continuent à émailler les matchs, dépassant parfois les limites du tolérable.

Plusieurs rencontres sont demeurées dans les mémoires. A la Pépinière, lors d’un match décisif pour la qualification aux demi-finales en 1923, les équipes de Carcassonne et de Toulouse s’affrontent violemment, l’arbitre est frappé sur le terrain et menacé à la sortie. Après la terrible finale de 1925 à Toulouse qui opposait Perpignan à Carcassonne, un journaliste Géo André écrivait dans le Miroir des Sports: « Le jeu carcassonnais fut horrible! Les jaune et noir ressemblaient à ces guerriers francs qui nouaient leur chevelure pour mieux combattre. Cette finale ayant donné un résultat nul fut rejouée une semaine plus tard à Narbonne dans une ambiance franchement hostile qui ressemblait à certains jeux de cirque de l’époque romaine. Perpignan l’emporta par 5 à 0, au terme d’une partie où tous les mauvais coups furent permis; il y eut autant de batailles sur le terrain qu’autour.

A cette époque, Quillan rêve de gloire! C’est à ce moment là que le célèbre industriel audois originaire d’Espéraza Jean Bourrel décide de constituer une grande équipe. Cet homme, par sa ténacité et sa grande volonté, fera de Quillan la capitale du rugby français. A la tête d’une florissante entreprise de chapeaux Thibet, il en a les moyens et compte en faire profiter son projet. D’ailleurs, il déclarait: « Je suis certain d’avoir plus de publicité en disputant le titre de Champion de France qu’en placardant des affiches ».

Jean BOURREL.

Une grande figure de la haute vallée de l’Aude : Jean Bourrel

D’après la revue municipale d’Espéraza, consultable sur www.esperaza.com.

Bien qu’il ait consacré la majeure partie de son existence à la ville de Quillan, Jean Bourrel n’en demeure pas moins un pur Espérazanais puisqu’il naquit à Espéraza le 11 novembre 1886, fils de l’industriel Jean Baptiste Bourrel et de Mathilde Barbaste son épouse.

À l’issue de solides études, il fera tout naturellement son apprentissage dans l’entreprise familiale à Espéraza (actuels établissements Monblason) où l’usine Bourrel frères occupe une place importante parmi les manufactures de chapeaux qui font alors le renom de la haute vallée de l’Aude. Après son mariage à Gincla, en 1912, et la tourmente de la Grande Guerre, Jean Bourrel est appelé par le directeur propriétaire de l’usine Huillet et Lasserre à Quillan (créée en 1908) afin de relancer la production chapelière de cet établissement récemment ravagé par une crue dévastatrice de l’Aude.

Homme dynamique et remarquablement organisé, gestionnaire rigoureux, doté d’un physique de géant, Jean Bourrel qui est devenu propriétaire de l’usine à la mort de M. Lasserre en 1922 va impulser un élan novateur à son entreprise qui, avec la célèbre marque « Thibet », conquiert très vite un marché national et international.

En quelques années, Jean Bourrel va organiser et agrandir ses bâtiments de production qu’il relie par un pont de fer au centre de Quillan (le fameux « pont Suzanne », portant le prénom de sa fille, inauguré en 1928, lors du passage du président de la République Gaston Doumergue).

À leur apogée, les établissements Jean Bourrel vont employer une main-d’œuvre de quelque 1200 ouvriers, se situant dans le peloton de tête de la chapellerie audoise et concurrençant sérieusement les manufactures d’Espéraza.

Pendant la difficile période de l’occupation, Jean Bourrel va s’efforcer de maintenir une activité maximale, se reconvertissant dans la fabrication de semelles de bois et A l’élaboration d’une « laine de genêt » destinée au tissage.

À la fin des années 40, l’industrie chapelière est en phase déclinante et la mort de Jean Bourrel, le 16 octobre 1949, va précipiter la chute de son entreprise. Toutefois, grâce à l’action de plusieurs personnalités locales, dont l’espérazanais Paul Barrière, les bâtiments de l’usine J. Bourrel pourront être repris par le consortium anglo-américain De La Rue qui y implante une unité de fabrication d’agglomérés synthétiques.

C’est ainsi que les établissements Formica prennent la place de l’ancienne chapellerie, utilisant la main-d’œuvre locale et enrayant le chômage qui menaçait la commune d’asphyxie.

Après une embellie de plusieurs décennies, l’usine Formica fermera à son tour ses portes en juin 2004.

Jean Bourrel ne fut pas qu’un brillant industriel. Il a laissé son nom dans la vie politique quillanaise puisqu’il succéda comme maire à Eugène Fonquerne le 17 mai 1925 et, quelques semaines après, devint conseiller d’arrondissement. Le 14 octobre 1928 il était élu conseiller général, succédant au maire de Fa, l’intendant militaire Pierre Sire qui se présentait à la députation.

Lors des grèves du printemps 1936, Jean Bourrel se trouva pris en porte à faux entre ses fonctions d’élu, son rôle de patron et les lois sociales édictées par le gouvernement du front populaire. Représentant du patronat dans l’Aude et en désaccord avec certaines directives officielles, il préféra démissionner de son mandat de maire. Il demeurera toutefois conseiller général, charge qu’il conservera jusqu’en 1940.

A la mairie de Quillan, qu’il avait administrée onze années, il sera remplacé par Antoine Filaire, inspecteur des douanes à la retraite, originaire de l’Allier et qui était entré au conseil municipal en 1935.

Enfin, n’oublions pas que Jean Bourrel fut aussi, durant de nombreuses années, l’enthousiaste et entreprenant président de l’Union Sportive Quillanaise dont l’équipe de rugby à XV sera championne de France en 1929. Jean Bourrel était chevalier de la légion d’honneur depuis 1928.

Le stade de Quillan ainsi que le boulevard du centre ville portent son nom.

L équipe de l’USA PERPIGNAN, dont  une partie des joueurs rejoindra l’US QUILLAN.

La relève est faite avec des éléments locaux et catalans qui vont entreprendre une rapide et glorieuse ascension. Les succès s’enchaînent: la montée en Division d’Honneur où l’US Quillan fera bonne figure et surtout en l’an 1926 où elle accède enfin en Excellence « nom donné au plus haut niveau de l’époque ».

Profitant cette année là de la mésentente entre les dirigeants catalans Marcel Laborde et Gilbert Brutus, après la finale perdue contre le Stade Toulousain, Jean Bourrel fait venir à Quillan sous prétexte de travail dans son entreprise, un grand nombre de joueurs de l’US Perpignan. D’un seul coup, la majorité de l’équipe, dont les internationaux Ribère, Baillette, Montade, les futurs tricolores Cutzach, Soler et Galia (plus tard pionnier du XIII), l’excellent Delort passent avec Gilbert Brutus à l’US Quillanaise. Les rejoignent le carcassonnais Raynaud et le tarbais Destarac.

L’affaire secoue tout le petit monde de l’ovale, mais la Fédération Française de Rugby ne s’émeut pas de telles pratiques et voilà enfin Quillan au plus haut niveau.

Perpignan-Quillan Le match Perpignan-Quillan du 20 mars 1927, se prépare dans une atmosphère hostile. Les esprits s’échauffent dans la capitale du Roussillon qui s’apprête à recevoir les « traîtres » comme ils aiment les appeler, des couleurs sang et or. Le match sent la poudre et c’est vraiment une ambiance mortelle; elle sera malheureusement au rendez-vous.

Les chocs sont durs. Soudain, une mêlée s’effondre et un homme ne se relève pas. C’est le talonneur de Quillan, Gaston Rivière. On le transporte sur une civière hors du terrain, sans connaissance. Tout de suite, une ombre maléfique passe sur le terrain; la partie reprend , traumatisés par le drame, les quillanais seront emportés par l’ogre catalan 22 à 3.

Transporté à la clinique, Gaston Rivière, victime d’une fracture de la sixième vertèbre meurt deux jours plus tard, entouré de sa femme, de sa fille, de Jean Bourrel et de tous les joueurs quillanais, il avait à peine vingt-six ans. L’arbitre, M. Liaunet, rédige un rapport qui stipule que cette mort est accidentelle.

Probablement! Mais un tel accident n’aurait jamais du se produire si le climat n’avait été aussi malsain. D’ailleurs, le journaliste de l’Auto l’écrivit: « Journée d’inimaginable fièvre, d’orage et de bataille, qu’un terrible accident a fait tourner au drame. Sombre fatalité, car il n’y a rien de plus lamentable et d’aussi cruel que ces luttes fratricides et, c’en était une, dans toute l’horreur du terme. Il n’aurait pas fallu qu’on permette cela ». Dans cette permanente guerre des clochers, l’US Quillanaise poursuit son ascension…

Une première finale.

Carrière vertigineuse, comparable à celle de ses rivaux catalans « Les Quins ».

Cinq saisons ont suffi à l’équipe des « Chapeliers » pour passer, presque sans transition de la 2 ème série à la finale du Championnat de France Excellence. Gagnants du titre du Languedoc 2 ème série, les quillanais passent en 1ère série (Division d’Honneur » en 1924-1925, où ils se trouvent d’ailleurs en bonne compagnie avec Montpellier, le CA Biterrois et les fameux Quins dont la poussée commençait.

Battus pour le titre régional, ils réussissent l’année d’après à conquérir le précieux trophée de haute lutte, ce qui leur vaut la place dans le septuor des as d’Excellence Languedociens. C’est à ce moment là que Quillan a le rare bonheur de trouver un mécène généreux et sportif qui sait concilier les intérêts commerciaux de son réputé chapeau Thibet, avec le bien être des joueurs de rugby. Rapidement, grâce à M. Jean Bourrel, aidé par MM. Carbonneau et Costel, une équipe de grande classe fleurit dans notre pittoresque village de la Haute Vallée de l’Aude.

Des étoiles qui ont nom Ribère, Baillette, Raynaud, Destarac, Cutzach viennent renforcer le team quillanais qui déjà comprenait Bonnemaison, Bobo, Parnaud et, de ce fait, c’est la plus belle constellation française réunie dans le même club.

L’équipe de Quillan n’est pas à proprement parler une équipe d’amateurs, Jean Bonnet témoignait alors comme étant le seul quillanais de l’équipe. Ce trois-quarts aile était le seul à ne pas travailler chez le « Patron » comme les autres. Il était employé chez son père à la forge familiale et le président de l’U.S. Quillan n’hésitait pas à payer un ouvrier pour qu’il puisse le remplacer à l’occasion de tous les matchs et déplacements qui en découlaient.

L’entraînement physique était intense: quatre entraînements par semaine, deux sur le terrain, deux en salle avec Gilbert Brutus comme coach qui réglait tout minutieusement. L’hygiène de vie était digne d’un grand sportif, pas de tabac et seuls les bons repas payés par Jean Bourrel étaient tolérés.

Jean Bonnet reconnaissait quand même que l’équipe parlait plus le catalan que l’occitan ou le français. Jean Bourrel s’occupait des déplacements et remettait une enveloppe (250 f mensuels pour Jean Bonnet) et imposait aux joueurs le port du chapeau avec pour rôle de l’offrir dans les différentes rencontres. Le couvre-chef différait selon les clubs rencontrés.

Il est vrai que Jean Bourrel faisait bien les choses: outre les catalans recrutés, il va encore chercher le pilier Flamand. S’il est vrai que l’US Quillanaise est une équipe créée de toutes pièces par Jean Bourrel, il n’en est pas moins certain qu’elle possède le mérite d’être une véritable académie du jeu. Au milieu de tant de folie et de violence gratuite, c’était vraiment à mettre à la gloire de Quillan.

La grande épopée de cette belle équipe.

Après un mauvais Championnat du Languedoc, dû en majeure partie au manque flagrant de cohésion, Quillan affronte le Championnat de France en pleine possession de ses moyens et se place parmi les favoris de la compétition.

Malheureusement, un pénible accident de jeu oblige les quillanais à abandonner leur tâche alors qu’ils étaient quart de finalistes, terminant prématurément leur saison sans avoir démérité. La saison 1927-1928 est pour Quillan une période de gloire. Partis lentement et bien qu’ayant frisé d’un rien l’élimination, nos Chapeliers se qualifient pour les quarts de finale du Championnat de France. Dans leur poule de quatre, ils battent les Quins, Hendaye et font match nul avec Lourdes, ce qui les classe bons seconds.

La demi-finale jouée à Toulouse, voit le triomphe de grande allure quillanaise sur le jeu méthodique et sobre des toulonnais. Quillan l’emporte nettement après une fort belle partie sur le score de 13 à 0. C’est enfin la grande finale! D’autres pronostiquaient Pau victorieux par une marge importante. L’équipe de Jean Bourrel leur infligea un formel démenti. Elle ne fut battue que par 6 à 4 par les virtuoses palois que les sportmens lyonnais ont admirés. C’est une référence remarquable à l’actif de nos renommés représentants. La finale se jouait au stade des Ponts Jumeaux à Toulouse le 6 mai 1928 sous la houlette de M. Marcel Heurtin.

Film du match : Il faisait un temps très lourd et l’U.S. Quillanaise se montra dangereuse en début de rencontre. Ses ailiers furent repris devant la ligne paloise, la domination du pack audois fut ainsi concrétisée à la 20” minute par un drop de Cutzach, pourtant touché par un choc violent quelques instants plus tôt et dont il allait se ressentir tout au long de la rencontre. Les Béarnais réagirent et Sarrade ponctua une offensive au milieu des poteaux. Aguilar, pourtant buteur régulier, rata la transformation élémentaire. Le vent avait tourné cependant ; collectifs, animés par une 3″ ligne dynamique, les hommes de la Section Paloise accentuaient leur emprise et prenaient l’avantage.

Sur une prise de balle en touche de Cazenave, une offensive des arrières rebondit à l’intérieur sur Récaborde qui marqua entre les poteaux. Aguilar rata encore la transformation, soulevant le courroux de son capitaine. A la mi-temps, le score était acquis, 6 à 4. La seconde période, les Quillanais durent la disputer avec sept avants. Quelques pointes de Galia, Destarac et Baillette semèrent le trouble dans les rangs béarnais. Mais, le pack palois était supérieur et contrôlait la situation, bien soutenu par la bonne défense au pied de Sarrade et de Mounes. La marge était certes étroite et Cazenave eut le bonheur pour l’équipe paloise de contrer une tentative de drop de Cutzach. De ce match, un peu terne au dire de certains, la Section Paloise sortait pour la première fois Champion de France. Pour les vaincus, les spectateurs avaient remarqué le discret mais efficace Montassić. Au-delà de la déception, il y avait peut-être des raisons d’espérer.

L’Equipe de Pau qui battit Quillan en 1928

Le 4 octobre 1928…

Dans le journal d’information « Midi Sportif », un chroniqueur contait l’aventure d’un certain Marius de Bernequo qui, descendant en auto la ravissante vallée de l’Aude, eut une panne de voiture en face du stade de Quillan. Laissant son chauffeur se débrouiller avec le moteur récalcitrant, il pénétra dans le stade où il eut tout le loisir de passer une heure dans les tribunes juste au moment où commençait l’entraînement de l’US Quillanaise.

Voici le récit que ce spectateur inattendu fit dans une lettre à son compère, un dénommé Concaril: « J’ai compté vingt-neuf joueurs ce jour là, tapant de grands coups de pied. Des coups placés sont essayés à tous les points: les ailiers font des déplacements au pied d’une touche à l’autre. Cela dure vingt minutes. Un coup de sifflet et les voilà rassemblés en carré, les bras étendus.

La leçon d’éducation physique commence; mouvements parfaitement exécutés entretiennent chez ces athlètes une souplesse étonnante. Le pilier Delort lui-même rendrait des points à une danseuse. Vingt minutes après, c’est le rugby. Ah, là ça barde. Ribère s’occupe de deux groupes d’avants, ici mêlée, ça dribble, mêlée ouverte, touche, départs entre avants… Plusieurs combinaisons sont exécutées, les maillots se mouillent Bigot et Galia font grosse impression. Le demi de mêlée se fait secouer. Delort, frais comme un bébé joufflu ne donne aucun signe de fatigue. Il y a quelques poids lourds qui se posent un peu là, je ne voudrais pas qu’ils prennent mes pieds pour un trottoir.

A l’opposé du terrain, je m’aperçois que les trois-quarts ne sont pas restés inactifs. Combien de fois ont-ils traversé le terrain en passes rapides, croisements, déplacements au pied, puis sont venus rejoindre le pack avec qui ils font des départs à toute vitesse. Ca va vite, boudiou que ça va vite! Tout seul, Lladères, dans un coin, essaie des buts en attendant Destarac. Ce doit être la fin, voilà les lévriers des lignes arrières qui vont prendre une douche bien chaude avant de se livrer aux mains expertes du masseur Roca. Non, les avants restent encore! les voilà groupés contre un jouc à ressorts où ils étudient le mécanisme de le mêlée. A droite, à gauche, chaque fois les ressorts plient. Et maintenant, voilà une heure que cela dure. Les avants vont à leur tour à la douche. Seul, Delort se paye trois tours de terrain en souplesse et avec le sourire. Il termine frais comme une rose, comme tous ses camarades d’ailleurs. Et voici les athlètes qui portent les couleurs rouge et bleu, et je vous assure que cela constitue un très beau matériel qui résistera à tous les assauts. On a l’impression que l’U.S. Quillanaise sera cette saison un très gros morceau. Ceux qui s’y frotteront s’y piqueront ».

Il ne croyait pas si bien dire..