XV de France : l’ancien sélectionneur Guy Novès « sidéré » par son licenciement, sa « vie entière remise en question »

L’ancien sélectionneur du XV de France revient dimanche sur son licenciement, en exclusivité radio sur franceinfo.

« Quand on évalue la saison 2017, on oublie de dire que cette 3e place [au tournoi de VI nations] a été la meilleure place acquise par l’équipe de France depuis ces six dernières années. Donc il y a une réelle progression »

Guy Novès, brutalement évincé de son poste de sélectionneur du XV de France, réagit dimanche 7 janvier en exclusivité radio sur franceinfo, après son interview dans le JDD. « Je suis sidéré par ce qui m’arrive, c’est ma vie entière qui est remise en question », lance Guy Novès.

Licencié pour faute grave par Bernard Laporte le président de la Fédération française de rugby, et remplacé par Jacques Brunel, l’ancien entraîneur du Stade Toulousain l’assure : « La faute grave, je ne la vois pas ». D’ailleurs, il l’assure : sa loyauté à l’égard de Bernard Laporte « a été totale pendant toute la durée de mon mandat ».

franceinfo : Comment avez-vous réagi à l’annonce de votre éviction ?

Guy Novès : On a beau voir en ma personne un compétiteur depuis toujours, et considérer qu’un compétiteur ne peut pas être blessé… Un compétiteur est toujours une personne sensible. Ce qui m’arrive aujourd’hui, je vous avoue que je ne m’y attendais pas et quand on ne s’y attend pas, on est extrêmement touché. Je suis choqué aussi pour moi, choqué pour les miens et pour ceux qui croient en moi. Évidemment je suis sidéré par ce qui m’arrive. C’est ma vie entière qui est remise en question, ce sont mes 25 ans de travail, de management, ma présence pendant 21 ans dans un club qui est le Stade Toulousain. Ce qui m’arrive aujourd’hui, j’ai du mal à l’accepter.
Le fait d’avoir été licencié pour faute grave, cela vous choque-t-il ?
La faute grave, je ne la vois pas. Petit à petit, même si je me suis battu malgré tout, j’ai vu des choses s’envenimer et des choses arriver. Je n’arrive pas à voir où il y a pu y avoir des fautes graves dans ma façon de manager. C’est la mienne et elle ne changera pas.

Votre management est remis en question. Est-ce que vous êtes un homme qui travaille dans son coin et dans sa bulle ?
Je ne sais pas si Bernard Laporte me voit travailler dans mon coin ou dans ma bulle. Moi je ne l’ai pas trop vu. [Il est venu] une à deux fois au bord du terrain en un an, ce qui est très peu pour avoir un tel jugement. J’ai travaillé pendant plusieurs années avec différents staffs, avec plusieurs générations de joueurs au Stade Toulousain. J’ai été en contact avec tous les entraîneurs des clubs. En ce qui concerne, ma mission auprès de l’équipe de France, ma principale mission a été de rapprocher les clubs du Top 14 de la fédération. Donc j’ai tout fait pour justement rapprocher les clubs de la fédération. Je ne veux pas entendre ce genre de reproches.

Votre bilan est-il positif ?

Quand j’ai signé avec l’équipe de France, j’ai eu une mission : celle de former un groupe, une équipe en vue de la Coupe du monde 2019. Les choses ne se font pas en quelques jours, en quelques mois. D’autant plus que nous avons les joueurs un mois par-ci, un mois par-là. Mais si vous faites un bilan comptable de la première année, par exemple, on se rend bien compte que si on finit 5e du premier tournoi, on finit 3e du second.

Est-ce que quand Bernard Laporte est arrivé à la tête de la FFR, vous vous êtes dit : « Je suis en sursis » ?

Les gens ont du mal à comprendre que je puisse travailler avec Bernard Laporte. Bernard Laporte m’a proposé pendant un an, à deux reprises, de me rencontrer pour parler de rugby et me dire ce qu’il en pense. J’étais très intéressé par cette rencontre parce que je pouvais enfin parler avec, non pas avec le président de la Fédération française de rugby, mais avec un ancien entraîneur, avec son expérience, et cela m’intéressait. Les deux fois où il m’a promis de me rencontrer, il s’est défilé. Mon premier contact a été par l’intermédiaire de Serge Simon [vice-président de la FFR] avec lequel j’ai débattu pendant deux heures. J’ai bien expliqué à Serge Simon que ma loyauté serait totale, et elle a été totale pendant toute la durée de mon mandat. Du jour au lendemain, sans m’avoir jamais indiqué quoi que ce soit, je reçois une lettre de licenciement. C’est quand même quelque chose de particulier.