24 ans de 2ème Division.

On est passé en 2ème Division en cette saison 78/79. Claude Milles est devenu entraîneur après une belle réussite avec les juniors. Le recrutement s’est avéré conséquent avec l’arrivée de Cervera, Faivre, Nicol, Gracia et le retour surprise de Francis Ros. Gérard Bourrel est président.

Avec un pack impressionnant de puissance avec un Henri Pidoux à la baguette, l’U.S.Q. se qualifie pour les 32ème ; victoire sans bavure à Saint-Girons devant Fleurance (19/3) mais défaite en 16ème à Port-Sainte-Marie face au futur champion Niort (6/10).

La saison suivante Tony Membrives remplace Milles et prend le témoin pour deux saisons. Saisons correctes pour les “Rouge et Bleu” consacrées par deux qualifications pour les 32ème, hélas perdus tous les deux sur le terrain de Foix. En 79/80 et 80/81 qualification pour les 32ème mais défaites devant Rieumes (6/17) et le T.O.E.C. (0/9).

Ce sera là l’ultime tour de piste pour Tony Membrives comme joueur. A 40 ans le “barbu” peut remiser les crampons avec le sentiment du devoir accompli.

Pour la saison 81/82, Pierre Rouger a la charge de l’entraînement. Saison de transition avec trois défaites à la maison, deux nuls, 6ème de poule. La saison 82/83 est la première année de présidence de Christian Maugard. Claude Milles est entraîneur. Début de saison difficile, Daniel Camiade et Tony Membrives prennent le relais et sauvent l’essentiel, la place en 2ème Division.

En 83/84 c’est la résurrection avec un gros pack (D. Laffont, Bonafos, Burgas, Boudot, S. Cros, Martelli… et avec derrière le grand espoir Eric Nicol. 32ème atteint. A Auterive après prolongations, l’U.S.Q. s’incline face à une excellente équipe d’Argelès Gazost (25/16) – 12/12 à la fin du temps règlementaire. L’équipe : Durand Roussel, R. Laffont, Drouilhet, Nicol Durand, Roussel Fiévet, Caussidéry, Jeanfreu Raynaud, Burgas, Loubet, J.J. Juhel, Martelli, Salleillas, Boudot, Bonafos, D. Laffont.

En 84/85 l’équipe jeune avec 7 ou 8 joueurs montant des juniors, le club sauve sa place en 2ème Division de justesse en fin de saison.

En 1985, Christian Maugard se retire de la Présidence. Titin Bonnarel reprend les commandes. Clément et Casteiltort sont co-entraineurs. Quatre défaites à la maison. A cinq matchs de la fin de la saison, le président Bonnarel appelle Roland Sein en catastrophe. Les “Rouge et Bleu” se redressent mais lors de la dernière rencontre ne peuvent que faire match nul (9/9) face au T.O.E.C. C’est la descente. Fort heureusement les 2 clubs de Montpellier (Le Stade Montpelliérain et le Montpellier U.C.) fusionnent libérant une place. L’U.S.Q. est repêchée.

En 86/87, le Président Maugard revient, un nouvel entraîneur arrive : Damien Got, ex-joueur de l’U.S.A.P. “Le berger”, allusion à ses activités professionnelles, va amener un esprit nouveau, rompant avec le passé. Ce philosophe a des méthodes très personnelles ; il instaure un certain état d’esprit et développe une âme de combattant chez les joueurs. La saison est en demi-teinte.

En 87/88, après un recrutement important et de qualité : les jumeaux Malafosse, Lajou, le retour de Planel. Avec en relais le capitaine combattant Thierry Février, le “tignous” Patrick Estel, “Le berger” va obtenir d’excellents résultats. Après une excellente saison la qualification se joue et se perd à Millau. Pas de qualification mais les bases de jeu et d’état d’esprit instaurées par Damien Got et l’équipe dirigeante sont en place.

Pour la saison 88/89, c’est la consécration du système Got avec une équipe jeune, dynamique, un style de jeu qui lui est propre. Qualifié pour les play-off (poules de 4) et après un brillant parcours nous retrouvons Prades en 16ème de finale à La Nouvelle devant un public record de 3000 personnes. Défaite 9/6 (2 pénalités de Tourneux).

Grande tristesse dans les rangs quillanais mais le “Grand espoir” était né. En 89/90, l’U.S.Q. assure son maintien de justesse par la victoire, lors de la dernière journée, sur le C.O. Sigean (19/15). La saison suivante 90/91, le club Quillanais récupère les “Espérazanais” Olaizola, Ben Araïs, Danjou, G. Raynaud. Avec Damien Got assisté de Camiade, Quillan termine 1er de poule de 10 mais est éliminé en poule de 4 de justesse.

En 91/92, Christian Maugard prend une année sabbatique. Louis Gosse accède à la Présidence. Got s’en va, Georges Raynaud lui succède avec à ses côtés Camiade. L’effectif se renouvelle avec l’éclosion de jeunes venus des juniors : Cuguillère, Thoreau, M. Raynaud, Ph. Authier et Pech. Saison en demi-teinte : 8ème sur 12. En 92/93, l’U.S.Q. ajoute Haute-Vallée à son sigle. Maurice Dellac s’assoit au fauteuil de Président ; avec Louis Gosse, il négocie le retour de Damien Got. Une excellente saison couronnée par un 16ème de finale à Montréjeau contre Le Boucau. Défaite logique.

En 94, 1er de poule, 1er des play-off avec deux victoires à Carcassonne et une (historique) à Lavelanet.

En 16ème, défaite Moissac contre Saint-Sever. C’est un peu la fin d’une génération. Got quitte le club. Le “berger” a redonné au cours de ses deux passages sa fierté au rugby quillanais.

Le “berger” est parti. Christian Maugard a repris la Présidence. Il fait appel pour diriger l’équipe à Jean-Paul Sarda, technicien reconnu. La mayonnaise a toutefois du mal à prendre. Nous sommes en 94/95.

Millau et Carcassonne viennent s’imposer au pied des Trois Quilles. Chaque fois d’un petit point (12/11 et 24/23) mais revigorés par le retour de Février, s’appuyant sur l’efficacité d’un numéro 2 (Février), 9 (Estel), 8 (Pages) l’U.S.Q. bat Grenade par 21 à 13. En 95/96, cuvée honorable pour l’équipe victorieuse 3 fois à l’extérieur (Portet 16/9 ; Mèze 31/21 ; Millas 15/6) mais qui s’incline à domicile devant Pézenas (13/6).

Qualifié pour les poules de 4, Gaillac nous bat à Quillan (16/14) en l’absence de Breyne blessé. La qualification possible se joue à Gaillac mais l’U.S.Q. est battue.

Hervé Martre dit « Papillon »nous a quittés le 28 octobre 1989.

Fils de Georges Martre, talonneur de l’équipe quillanaise championne de France en 1929, il fit lui aussi toute sa carrière rugbystique au talonnage.

Formé à la « rude »école de l’U.S.Q., devenu très bon joueur, il demeura toujours fidèle aux couleurs Rouge et Bleu (18 saisons au club de 1947 à 1964). Sa Vaillance.

Son courage et Son abnégation faisaient de lui un joueur admiré par ses coéquipiers et craint par ses adversaires. Sa brutale disparition n’a laissé que des regrets dans le « monde » du Rugby Quillanais.

Henri Pidoux

Il était. Ce passé employé à propos d’Henri Pidoux a quelque chose de douloureux et d’irréel à la fois.

Il était venu de Mazamet en 1966, bien que né à Carcassonne en novembre 1943. International scolaire contre l’Angleterre et le Pays de Galles en 1962, il était depuis la saison 61/62 équipier premier du S.C. Mazamet (division nationale). Et déjà sa réputation d’excellent joueur était établie.

Avec l’U.S. Quillan pendant 17 saisons (quelques 127 matches joués) il occupera le plus souvent le poste de 3/4 centre et de demi de mêlée. Sous les couleurs rouge et bleu, il connaîtra à peu près tous les terrains d’Ovalie de Quillan à Bayonne par Toulouse, Agen, Tarbes. de Quillan à Nice par Montpellier, Avignon, Toulon. de Quillan à Paris par Aurillac, Périgueux ou Poitiers.

Sur tous les terrains il se comporte en gentlemen du rugby et acquiert le respect de ses adversaires, leur sympathie, voire leur amitié. Il était un parfait équipier, toujours d’humeur égale il acceptait tous les postes au service constant du club. Dans sa préparation au jeu, il ne laissait rien au hasard pour obtenir la condition physique indispensable. Avec quelle minutie il préparait son sac. Souliers entretenus dans lesquels après le match, il glissait une forme.

Henri aimait le jeu, le dépassement de soi dans effort physique. Toujours plus, mais avec lucidité. Il a été victime de cette passion. Nous présentons à sa mère, sa fille et toute sa famille nos sincères condoléances.

La saison 96/97 commence mal. Dès la deuxième journée, défaite à domicile devant Pamiers (18/16) puis deuxième échec devant Millau (21/12) toujours à domicile. Cinq matchs, cinq défaites. Ça sent le roussi.

Le déclic se produira lors de la phase retour : victoire à Pamiers leader de la poule 28/11 (1 essai Toustou, 1 transformation et 7 pénalités de Breyne). Victoire également à Millas (19/17) et surtout à Gaillac (21/13) (2 essais Pech et collectif, 1 transformation et 2 pénalités de Breyne, 1 drop de Marty).

Le Championnat est en poule de 12, il n’y a plus de play-off. Qualification pour les 32ème, on rencontre Gaillac à Castelnaudary, victoire (28/18) après prolongations (15/15 en fin de temps règlementaire).

Opposée à Morlas, à Toulouse, l’U.S.Q.H.V. ne passe pas les 16ème.

La saison 97/98 fut un excellent millésime. La phase aller est marquée par une défaite à domicile face à Gaillac (29/28) en partie compensée par un nul réussi à Argelès (6/6).

Un succès à Carcassonne (13/3) est souligné par les supporters : “Les Canaris sont cuits…”

S’il existait un bénévole dans l’âme, désintéressé, c’était bien Michel La marque.

Cheville ouvrière de l’Association Sportive Quillanaise Cycliste, le « Bordelais » s’était pris de passion pour le ballon ovale. Et tout naturellement avait tenu à renforcer le comité directeur de l’ U.S. Quillan Haute-Vallée.

Toujours disponible, il avait fait de la vente des tickets de bourriche sa spécialité.

Lequel d’entre nous n’a pas succombé à sa gentillesse coutumière. Courant janvier 1995, terrassé par une longue maladie, Michel

Le match retour à Gaillac est marqué par le décès du généreux Patrice Lopez. Fin de partie, les joueurs regagnent les vestiaires. Patrice s’assied sur un banc à la sortie du terrain, il échange quelques mots avec des dirigeants, puis s’affaisse.

Le docteur est là, les pompiers également. Tous les efforts sont vains.

Voile noir sur la Haute-Vallée.

Le groupe se serre les coudes, l’emporte à Gruissan (22/9) puis à Thuir (21/19).

A Quillan le leader Céret est passé à la moulinette 27/6 (4 essais Plantier, Assens, Toustou, 1 collectif, 2 transformations et 1 pénalité Algans) à l’issue d’une rencontre de très haut niveau. En 16ème à Rieumes, U.S.Q. balaie Condom par 25/0. Score acquis à la pause. Les 8ème sont là et la montée possible, mais l’adversaire est Céret.

Celui-ci a tiré les leçons de l’humiliation subie à Quillan en particulier en mêlée fermée. Sur le terrain de Pamiers, les Cérétans, futurs Champion de France disposent de Quillan par 34 à 21.

L’année 98/99 est grisounette. J.P. Sarda a passé le relais à J.F. Albiach comme coach.

En 99/2000 la qualification se joue lors de la dernière journée. Cette saison est marquée non seulement par la victoire à Tries-sur-Baise (31/22) mais surtout par deux succès sur Carcassone (25/3 au match aller et 38/13 au match retour). Au cours de cette rencontre Quillan perd ses deux centres Didier Laffont et Pérez-Saison terminée.

Le succès sur l’Etoile Catalane (17/15) lors de la dernière journée qualifie le club pour les 32ème face à Grenade. Défaite honorable (16/9) sur le terrain de Saint-Girons.

Le sort de l’équipe pour la saison 2000/01 est confié à un triumvirat J.P. Sarda, Marc Rofès et Didier Laffont.

Le recrutement a été important. La saison est marquée par une belle victoire à Rivesaltes (22/13) mais Agde (34/28) et Lavelanet (22/19) viennent gagner à Quillan.

En cours de saison, J.P. Sarda démissionne.

Pas de qualification pour la phase éliminatoire. La saison 2001/02 est exceptionnelle, comme si l’on voulait marquer le Centenaire.

Six victoires à l’extérieur : Grenade (29/23), Gruissan (13/12), Lavelanet (17/12), Rivesaltes (36/35), Pamiers (21/20), Sérignan (21/3) mais deux défaites et un nul à domicile. La qualification est assurée par une 2ème place de la poule derrière Gaillac.

Sous la conduite de Rofès, D. Laffont et Pinquié l’équipe montre son efficacité, sa sérénité en triomphant de Lavaur sur le terrain de Conques.

A Foix, en 8ème, match de la montée, l’adversaire est Lavelanet.

Tout Quillan croit au succès. Les 4200 spectateurs se souviendront de cette remontée palpitante des Quillanais au score. Tout en fin de match, le nul est possible. Score 23/16 (1 essai Piques, 1 transformation, 2 pénalités Bourrel, 1 pénalité Floréa). L’équipe était formée de Bourrel, Toustou puis Piques, Pérez, Fernandez, Navarro, Floréa, Cattin, Plantier (cap.) Delmas puis Fabre, A. Laffont puis Dufaud, Batigne, Latorse, Cuguillère, P. Laffont puis Gandou, M. Raynaud.

Thierry Monin.

C’était un passionné de rugby.

Il connaissait sur le bout des doigts l’histoire de l’U.S. Quillan. Un club qu’il aimait et qu’il défendait plus que tout. Le score de tel match.

Le nom de celui qui avait marqué l’essai de la victoire. Il était incollable. Thierry Monin avait fait ses débuts à l’école de rugby de l’U.S. Q. puis avait foulé avec les juniors ou la nationale B, de nombreuses fois la pelouse du Stade Jean Bourrel.

Une fois les crampons raccrochés, il était naturel que cet homme de caractère, au franc parler; se rapproche des plus jeunes.

C’est ainsi qu’il avait rejoint dès sa création l’A.R. PA. au sein de laquelle il allait s’occuper plus particulièrement de la formation et de l’encadrement des benjamins de l’Entente Haute Vallée. Il y a quelques semaines, la maladie implacable ne lui aura pas permis de faire partager plus longtemps encore sa passion de l’ovale.

André Garcin.

En ces premiers jours de 2002, André S’en est allé après avoir lutté courageusement contre la maladie.
L’U.S. Quillan Haute-Vallée perd ainsi un de ses plus fervent supporter et un fidèle qui œuvrait en Son sein depuis 40 ans.

André qui n’aimait pas occuper le devant de la scène se dévouait sans compter pour des tâches obscures mais Oh combien indispensables pour le vieux club « rouge et bleu ».

Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente il assurait la tenue du guichet à l’entrée du Stade avec une grande rigueur et beaucoup d’efficacité. Il assurait également l’animation des lotos dominicaux et était toujours présent pour donner un coup de main pour l’organisation des différentes manifestations Organisées par le Club.

Assurément, son absence sera lourdement ressentie et les Spectateurs qui se rendront au Stade le 13 janvier auront une pensée émue en passant devant le guichet dans lequel sa silhouette familière ne figurera plus.

Les joueurs, éducateurs et dirigeants de l’U.S. Quillan Haute-Vallée expriment à son épouse et à ses trois enfants leurs sincères condoléances avec une pensée particulière pour sa petite-fille Amandine qui assure avec beaucoup de brio la bourriche à l’entrée du Stade.

François Rigaud.

A l’issue d’une carrière bien remplie à l’EDF, François a rejoint les rangs des dirigeants de l’U.S. Quillan Haute-Vallée avec lesquels il s’est tout de suite fortement impliqué.

Après avoir pris une large part dans les travaux d’extension du Club House, il a intégré l’équipe à Titin chargée de la préparation des repas servis à l’issue des entraînements et de l’animation des lotos dominicaux.

A cette occasion il a su faire apprécier ses grandes qualités humaines et son dévouement en faveur du club « rouge et bleu ».

Atteint par un mal implacable contre lequel il s’est courageusement battu pendant quelques mois, il ne manquait jamais une occasion de se rendre au Stade pour encourager les équipes Quillanaises et plus particulièrement la Fédérale B dans laquelle évolue son fils Bertrand.

Hélas, la maladie a été plus forte et François nous a quittés en cet automne 2001.

François Rigaud.

François Rigaud.

La grande famille du rugby Quillanais a perdu un ami et les joueurs, éducateurs et dirigeants ont une pensée émue pour ses proches : Son épouse Jacqueline et ses fils Bertrand et Julien.

2001 a vu s’éteindre à Quillan la dernière étoile du quinze de légende champion de France en 1929, Jean Bonnet, s’en est allé au printemps.

Ce quillanais de pure souche (il était le seul de l’équipe) aura vécu sa passion pour le rugby jusqu’au bout.

Une fois les crampons raccrochés, c’est tout naturellement qu’il embrassa une carrière d’entraîneur.

Il connaîtra à nouveau les honneurs d’un titre de champion de France avec l’équipe de troisième division.
Jean Bonnet a désormais rejoint le panthéon des rugbymen français.

Voilà, le centenaire referme le livre des souvenirs : de la sueur, du sang, des larmes mais aussi des rires, des grands et petits bonheurs, de petits et grands malheurs…

De quoi enjoliver sa mémoire et réchauffer ses rhumatismes lors des longues soirées d’hiver avec ce “rubis” de village que Quillan conserve précieusement comme un joyau grâce à un groupe de bénévoles hors pair (Quillan 1er club non pro du Comité du Languedoc et 97ème club français, sur 1700, professionnels compris).

En un siècle d’existence l’U.S.Q.H.V. a imprimé de bien belles pages mais qui sait si les plus belles ne sont pas à venir ?

Voici les principaux moments de cette histoire récente :

La sérénité

Relégué en 1978 en 2ème Division dans des circonstances particulières, Quillan a trouvé son équilibre dans cette structure du championnat (2ème Division Fédérale actuellement). Cette division correspond à l’importance de la ville et à la structure économique du moment. Cependant, si une opportunité se présentait, Quillan ne refuserait pas la promotion.

La situation actuelle, c’est la sérénité. La sérénité provient du fait que la trésorerie est saine, même si l’équilibre financier du club est fragile. Une règle, on ne dépense que suivant les possibilités. Peu à peu, le club s’est donné les moyens de faire face aux augmentations inévitables des dépenses.

La revue annuelle procure des ressources grâce aux annonceurs qui sont fidèles. Comme sont fidèles les “loteurs” des soirées d’après match à domicile. Cette initiative de Titin Bonnarel s’avère excellente. Autour de lui s’est constituée une équipe solide de bénévoles avec Martine Bénassis, Jean Aguerra, Marius Bonnaure, André Garcin, René Lagarde, Jean-Paul Peyre, Pierre Signoles. Depuis quelques années, Christian Janique, secondé très efficacement par M. Ghisalberti (Champion) a lancé le club des “Partenaires”.

Une réussite par le nombre et la fidélité de quelques 40 industriels, artisans, commerçants de la région.

Dans les recettes, on ne saurait oublier les cartes d’abonnement, la “bourriche” en faveur des jeunes. Le club est aussi aidé par les collectivités territoriales : mairie, Conseil Général et Conseil Régional. Le Conseil Municipal de Quillan apporte une aide conséquente par rapport à

l’importance de la ville. Le Conseil Général vient de décider d’accorder des aides aux clubs sportifs du département en tenant compte de leur importance sur le plan national et régional.

Une commission de gestion a établi mois par mois une prévision de recettes et dépenses. Cette commission assure le suivi du budget prévisionnel. La sérénité provient aussi du groupe “dirigeants”. Il n’est pas encore suffisamment nombreux, mais il est bien structuré. La liste publiée dans la revue annuelle donne une idée de la diversité des tâches et du nombres de bénévoles qui s’impliquent dix mois durant. Un ensemble bien rôdé et relativement jeunes avec la présence de quelques anciens joueurs.

Un élément important de cette sérénité, la continuité dans la présidence depuis 1982. Christian Maugard en est à sa 18ème année de présidence avec simplement un petit intermède, les présidences de Louis Gosse et Maurice Dellac.

Christian Maugard a une passion, le rugby. Installé comme Kiné à Quillan, il rejoint l’U.S.Q. en 1975 et prend en charge l’équipe juniors du moment. Tâche difficile pour réunir des éléments issus de toute la Haute-Vallée. Cet apprentissage d’homme de terrain complète son expérience de joueur en universitaire d’abord, puis de joueur à l’équipe du Pays de Sault, dont il est un moment secrétaire.

Comme on le voit, une formation de base complète. Ses compétences, son dévouement, sa disponibilité l’amènent a être élu membre et vice président du Comité du Languedoc. Sur le plan national, il défend les intérêts des clubs “amateurs” devant la boulimie des “professionnels”. Il est distingué par ses pairs qui l’élisent membre de droit du Comité Directeur de la F.F.R. pour y représenter les clubs de 1ère, 2ème et 3ème Division de Fédérale.

Dans le club, joueurs et dirigeants apprécient sa connaissance du rugby en tant que jeu.

Ce presque quart de siècle a vu le club avoir des hauts et des bas. Parfois la descente est évitée de justesse. Souvent les supporters ont apprécié les sorties lors des 32ème ou 16ème et une fois 8ème. Ce sont des occasions de se souder autour du club doyen. C’est le printemps, c’est la fête. Foulards, casquettes, tee-shirts aux couleurs du club donnent un certain air de carnaval.

Cent ans c’est un bel âge pour un club. Un club en bonne santé.

La sérénité

Relégué en 1978 en 2ème Division dans des circonstances particulières, Quillan a trouvé son équilibre dans cette structure du championnat (2ème Division Fédérale actuellement). Cette division correspond à l’importance de la ville et à la structure économique du moment. Cependant, si une opportunité se présentait, Quillan ne refuserait pas la promotion.

La situation actuelle, c’est la sérénité. La sérénité provient du fait que la trésorerie est saine, même si l’équilibre financier du club est fragile. Une règle, on ne dépense que suivant les possibilités. Peu à peu, le club s’est donné les moyens de faire face aux augmentations inévitables des dépenses.

La revue annuelle procure des ressources grâce aux annonceurs qui sont fidèles. Comme sont fidèles les “loteurs” des soirées d’après match à domicile. Cette initiative de Titin Bonnarel s’avère excellente. Autour de lui s’est constituée une équipe solide de bénévoles avec Martine Bénassis, Jean Aguerra, Marius Bonnaure, André Garcin, René Lagarde, Jean-Paul Peyre, Pierre Signoles. Depuis quelques années, Christian Janique, secondé très efficacement par M. Ghisalberti (Champion) a lancé le club des “Partenaires”. Une réussite par le nombre et la fidélité de quelques 40 industriels, artisans, commerçants de la région.

Dans les recettes, on ne saurait oublier les cartes d’abonnement, la “bourriche” en faveur des jeunes. Le club est aussi aidé par les collectivités territoriales : mairie, Conseil Général et Conseil Régional.

Le Conseil Municipal de Quillan apporte une aide conséquente par rapport à l’importance de la ville.

Le Conseil Général vient de décider d’accorder des aides aux clubs sportifs du département en tenant compte de leur importance sur le plan national et régional.

Une commission de gestion a établi mois par mois une prévision de recettes et dépenses. Cette commission assure le suivi du budget prévisionnel. La sérénité provient aussi du groupe “dirigeants”. Il n’est pas encore suffisamment nombreux, mais il est bien structuré.

La liste publiée dans la revue annuelle donne une idée de la diversité des tâches et du nombres de bénévoles qui s’impliquent dix mois durant. Un ensemble bien rôdé et relativement jeunes avec la présence de quelques anciens joueurs.

Un élément important de cette sérénité, la continuité dans la présidence depuis 1982. Christian Maugard en est à sa 18ème année de présidence avec simplement un petit intermède, les présidences de Louis Gosse et Maurice Dellac.

Christian Maugard a une passion, le rugby. Installé comme Kiné à Quillan, il rejoint l’U.S.Q. en 1975 et prend en charge l’équipe juniors du moment. Tâche difficile pour réunir des éléments issus de toute la Haute-Vallée. Cet apprentissage d’homme de terrain complète son expérience de joueur en universitaire d’abord, puis de joueur à l’équipe du Pays de Sault, dont il est un moment secrétaire.

Comme on le voit, une formation de base complète. Ses compétences, son dévouement, sa disponibilité l’amènent a être élu membre et vice président du Comité du Languedoc. Sur le plan national, il défend les intérêts des clubs “amateurs” devant la boulimie des “professionnels”. Il est distingué par ses pairs qui l’élisent membre de droit du Comité Directeur de la F.F.R. pour y représenter les clubs de 1ère, 2ème et 3ème Division de Fédérale.

Dans le club, joueurs et dirigeants apprécient sa connaissance du rugby en tant que jeu.

Ce presque quart de siècle a vu le club avoir des hauts et des bas. Parfois la descente est évitée de justesse. Souvent les supporters ont apprécié les sorties lors des 32ème ou 16ème et une fois 8ème. Ce sont des occasions de se souder autour du club doyen.

C’est le printemps, c’est la fête. Foulards, casquettes, tee-shirts aux couleurs du club donnent un certain air de carnaval.

Cent ans c’est un bel âge pour un club. Un club en bonne santé.

La journée du Centenaire très réussie…

Sa réussite est le résultat d’une préparation minutieuse et aussi que chacun à la place qui lui avait été assignée a rempli son rôle au moment précis qui avait été défini. Qu’ils en soient remerciés, même le temps a favorisé la journée, une petite averse, n’a pas perturbé son déroulement très minuté.

Le premier acte des acteurs de la célébration du Centenaire fut de fixer la date de la manifestation (29 Juin 2002) et de constituer une association chargée de gérer la partie financière et de mettre sur pied les diverses manifestations. Le bureau de cette association “Les Amis du Centenaire” comprend un président Louis Gosse, un vice-président Christian Maugard, un secrétaire général Christian Varlet, un trésorier général Max Cazals.

Dès Septembre 2001, trois grandes commissions sont mises en place. Une commission chargée de l’organisation de la partie sportive animée par Patrick Estel, une commission chargée des festivités en fin d’après midi (repas, animation) avec à sa tête Thierry Février.

Pascal Fernandez étant chargé de l’apéritif d’honneur et de la buvette. Enfin un groupe de travail chargé d’écrire les 100 ans d’histoire de rugby à Quillan, avec comme coordinateur Louis Gosse. Parallèlement a été mis en place la boutique de l’U.S. Quillan : chemises brodées, polos, tee-shirts, casquettes, cravates. Cette boutique a été exposée à la Maison de la Presse et la vente assurée par M. Varlet.

Une exposition des objets en vente a été installée Place de la République à l’ancienne pharmacie. Une exposition de photos et documents divers était ouverte au public au Syndicat d’Initiative ; elle a attiré un nombreux public. Une vente de vin du Centenaire est également mise en place.

Le grand jour, Samedi 29 Juin, a été précédé d’une couverture médiatique importante. Les journaux locaux, la Dépêche et l’Indépendant ont préparé l’événement par la diffusion de documents, de commentaires sur le club. La Dépêche avait installé un podium au stade avec un animateur. M. Ghisalberti, P.D.G. du Supermarché Champion avait mis à la disposition du club ses espaces publicitaires. L’affiche “A Quillan le rugby a cent ans” a été très remarquée par ses couleurs et sa sobriété.

Monsieur le Sous-préfet de Limoux honorait de sa présence cette manifestation. Le monde du rugby était également présent : M. Molveau, Président du Comité du Languedoc et membre du Comité Directeur de la F.F.R., M. Francis Sénégas, Président Honoraire du Comité, plusieurs présidents de clubs voisins.

Etaient également présents les représentants des collectivités territoriales: la mairie de Quillan avec son Maire et Conseiller Général M. Aragou, le Conseil Général représenté par M. Arino, chargé des sports, M. Arata lui aussi chargé du sport représentait le Conseil Régional. Ces trois collectivités nous ont aidé financièrement. Nous les en remercions vivement.

Les organisateurs avaient prévu, le matin, à 10 h 30, un débat sur le rugby. Ils avaient préféré cette formule à la conférence classique. La réussite était basée sur la participation de la salle. Pari réussi avec des animateurs de qualité : André Quilis, international et Christian Bourrel. Tous deux anciens équipiers de l’U.S. Quillan. Francis Sénégas, Président Honoraire du Comité du Languedoc apportait lui aussi le fruit de son expérience. Malgré le match international retransmis à la même heure, une centaine de personnes ont assisté et participé aux débats avec des questions très diverses.

L’après-midi suivant un minutage précis, les diverses équipes du club ont été présentées et aussi des représentants des équipes Champions de France 1955 et 1964 et des Juniors 1983. Chacun des participants s’est vu offrir un tee-shirt souvenir.

A l’heure dite a été découverte par deux jeunes de l’École de Rugby la plaque commémorative en hommage à Jean Bourrel. Voici l’allocution de Louis Gosse, Président des Amis du Centenaire.

“J’ai connu M. Jean Bourrel à mon arrivée à Quillan en 1941, jeune enseignant et joueur de rugby je lui fus présenté. J’ai le souvenir d’un homme de forte corpulence. L’entrevue dans son bureau de l’usine fut très cordiale. M. Jean Bourrel savait écouter ceux qui le sollicitaient – et ils étaient nombreux avec beaucoup d’attention et d’humanité. Surtout ses ouvriers. Il était apprécié pour sa générosité et la noblesse de ses sentiments.

J’étais arrivé dans son bureau nu-tête, je suis reparti coiffé d’un chapeau … Thibet évidemment.

Jean Bourrel fut un personnage important du rugby Languedocien et Français. Avec son équipe constellée d’internationaux, il fit vibrer le monde du rugby, non seulement de la Haute-Vallée mais de tout le Sud-ouest. Jean Bourrel aimait le beau jeu et son équipe le pratiquait.

Dès la fin de la Grande Guerre, en 1920, secondé par M. Moulines, il s’intéresse au rugby. D’ailleurs l’U.S. Quillanaise franchit des étapes importantes dans la hiérarchie des clubs et gagne sa place en Excellence, le plus haut niveau. Nos voisins catalans sont aussi au plus haut niveau.

En 1926 l’U.S. Perpignan perd la finale devant le Stade Toulousain. Il s’ensuit un désaccord entre les deux principaux dirigeants Gilbert Brutus et Marcel Laborde. Jean Bourrel va profiter de cette rupture pour faire venir à Quillan des internationaux en titre comme Ribère, Baillette, Montade et de futures vedettes internationales : Cutzach, Soler, Galia, Delort… Brutus sera pris Cotte entraîneur.

La grande équipe était constituée. A la tête du club un grand mécène Jean Bourrel. Un précurseur de ce qui est aujourd’hui le rugby professionnel. Jean Bourrel, grand chapelier, avait compris, il le disait lui-même : “une victoire de son équipe de rugby faisait plus que la publicité elle-même”. Cette façon d’agir – il avait beaucoup d’argent – faisait bon nombre de jaloux dans les clubs languedociens et français. Et aussi dans les milieux fédéraux.

Elle heurtait l’éthique britannique. Je n’en veux pour preuve que cette anecdote “c’est la deuxième finale, en 1929, contre Lézignan aux Ponts Jumeaux. Lézignan mène 8 à 0 à 20 minutes de la fin du match. Sébédio, Président de Lézignan s’approche de Jean Bourrel et lui lance une liasse de billets de banque au visage lui disant “ tu vois, il te manque encore beaucoup d’argent pour que ton équipe gagne”. Quillan en 20 minutes marque 3 essais et bat Lézignan par 11 à 8.

En 1930, à l’issue de la 3ème finale Quillan fut disqualifié pour professionnalisme. Monsieur Jean Bourrel fut aussi un grand chapelier.

Voici comment : en 1917, le chapelier Lasserre vit son usine dévastée par une terrible crue de l’Aude. Dépôt de charbon noyé, stocks de laine détruits. Courageux, M. Lasserre remit l’usine en marche, mais fatigué et malade, il choisit un directeur à son image en la personne de Jean Bourrel, fils d’un chapelier d’Espéraza des Établissements Bourrel Frères.

Courageusement M. Jean Bourrel se mit au travail. En 1922 il devint propriétaire de l’usine, s’entourant de bons collaborateurs depuis le niveau le plus bas jusqu’aux cadres. Il sut gagner la confiance, l’estime et le dévouement de tous. Il fit de son usine la plus outillée, la mieux agencée de toutes les usines Mérinos de France. 1000 kg de laine travaillés journellement, 4000 chapeaux garnis prêts à l’expédition, des cloches vendues séparément.

Tous les chapeaux de laine Mérinos souples de la marque Thibet portés dans le monde entier proviennent exclusivement des usines Jean Bourrel à Quillan. L’usine comptait 800 ouvriers et ouvrières. Dans ce domaine aussi Jean Bourrel était entré dans la légende. M. Jean Bourrel fut aussi Maire de Quillan de 1925 à 1936.

Le 23 Juillet 1928, il eut l’honneur de recevoir le Président de la République Gaston Doumergue. Il faut souligner que les déplacements d’un Président de la République étaient rares à cette époque là. Le Président inaugura le Pont Suzanne, prénom de la fille unique de M. Jean Bourrel. Celui-ci en fit don à la ville. Le déjeuner eut lieu au Grand Hôtel des Pyrénées tenu par M. Moulines, un des initiateurs du rugby à Quillan. M. Jean Bourrel fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

En terminant je voudrais au nom de l’U.S. Quillan remercier M. le Maire de Quillan et son Conseil Municipal d’avoir bien voulu officialiser le nom de J. Bourrel au stade. Cela n’avait pas été fait : oubli, pensant que cela allait de soi, le stade municipal n’avait jamais reçu de nom officiel. Que vive le stade Jean Bourrel !”

Cet après midi au stade devait se terminer par une partie de rugby de qualité entre la Sélection du Languedoc et l’équipe de Quillan. Au tableau d’affichage 15/14, un score à l’anglaise comme on disait autrefois. Score en faveur de l’U.S.Q. La partie sportive terminée, place aux festivités. A l’Espace Cathare l’apéritif d’honneur a rassemblé un millier de personnes. C’est le moment du rappel des souvenirs autour du verre de la camaraderie, de l’amitié. Ensuite au Gymnase le dîner de gala servi par Bigou le traiteur quillanais a satisfait les plus difficiles… les danseuses de la Haute-Vallée ont offert un magnifique spectacle associé au magicien Magic Aimé.

Ce n’est qu’au petit matin que l’on s’est séparé, avec beaucoup de regrets. Les festivités du Centenaire clôturaient avec éclat une saison sportive que le Président Christian Maugard a qualifié d’extraordinaire. Merci aux organisateurs, merci aux participants.

A Quillan le rugby est parti du bon pied pour un nouveau centenaire.

“J’ai connu M. Jean Bourrel à mon arrivée à Quillan en 1941, jeune enseignant et joueur de rugby je lui fus présenté. J’ai le souvenir d’un homme de forte corpulence.

L’entrevue dans son bureau de l’usine fut très cordiale. M. Jean Bourrel savait écouter ceux qui le sollicitaient – et ils étaient nombreux avec beaucoup d’attention et d’humanité. Surtout ses ouvriers. Il était apprécié pour sa générosité et la noblesse de ses sentiments.

J’étais arrivé dans son bureau nu-tête, je suis reparti coiffé d’un chapeau … Thibet évidemment.

Jean Bourrel fut un personnage important du rugby Languedocien et Français. Avec son équipe constellée d’internationaux, il fit vibrer le monde du rugby, non seulement de la Haute-Vallée mais de tout le Sud-ouest.

Jean Bourrel aimait le beau jeu et son équipe le pratiquait.

Dès la fin de la Grande Guerre, en 1920, secondé par M. Moulines, il s’intéresse au rugby. D’ailleurs l’U.S. Quillanaise franchit des étapes importantes dans la hiérarchie des clubs et gagne sa place en Excellence, le plus haut niveau. Nos voisins catalans sont aussi au plus haut niveau.

En 1926 l’U.S. Perpignan perd la finale devant le Stade Toulousain. Il s’ensuit un désaccord entre les deux principaux dirigeants Gilbert Brutus et Marcel Laborde. Jean Bourrel va profiter de cette rupture pour faire venir à Quillan des internationaux en titre comme Ribère, Baillette, Montade et de futures vedettes internationales : Cutzach, Soler, Galia, Delort… Brutus sera pris Cotte entraîneur.

La grande équipe était constituée. A la tête du club un grand mécène Jean Bourrel. Un précurseur de ce qui est aujourd’hui le rugby professionnel. Jean Bourrel, grand chapelier, avait compris, il le disait lui-même : “une victoire de son équipe de rugby faisait plus que la publicité elle-même”. Cette façon d’agir – il avait beaucoup d’argent – faisait bon nombre de jaloux dans les clubs languedociens et français. Et aussi dans les milieux fédéraux.

Elle heurtait l’éthique britannique. Je n’en veux pour preuve que cette anecdote “c’est la deuxième finale, en 1929, contre Lézignan aux Ponts Jumeaux. Lézignan mène 8 à 0 à 20 minutes de la fin du match. Sébédio, Président de Lézignan s’approche de Jean Bourrel et lui lance une liasse de billets de banque au visage lui disant “ tu vois, il te manque encore beaucoup d’argent pour que ton équipe gagne”. Quillan en 20 minutes marque 3 essais et bat Lézignan par 11 à 8.

En 1930, à l’issue de la 3ème finale Quillan fut disqualifié pour professionnalisme. Monsieur Jean Bourrel fut aussi un grand chapelier.

Voici comment : en 1917, le chapelier Lasserre vit son usine dévastée par une terrible crue de l’Aude. Dépôt de charbon noyé, stocks de laine détruits. Courageux, M. Lasserre remit l’usine en marche, mais fatigué et malade, il choisit un directeur à son image en la personne de Jean Bourrel, fils d’un chapelier d’Espéraza des Établissements Bourrel Frères.

Courageusement M. Jean Bourrel se mit au travail. En 1922 il devint propriétaire de l’usine, s’entourant de bons collaborateurs depuis le niveau le plus bas jusqu’aux cadres. Il sut gagner la confiance, l’estime et le dévouement de tous. Il fit de son usine la plus outillée, la mieux agencée de toutes les usines Mérinos de France. 1000 kg de laine travaillés journellement, 4000 chapeaux garnis prêts à l’expédition, des cloches vendues séparément.

Tous les chapeaux de laine Mérinos souples de la marque Thibet portés dans le monde entier proviennent exclusivement des usines Jean Bourrel à Quillan. L’usine comptait 800 ouvriers et ouvrières. Dans ce domaine aussi Jean Bourrel était entré dans la légende. M. Jean Bourrel fut aussi Maire de Quillan de 1925 à 1936.

Le 23 Juillet 1928, il eut l’honneur de recevoir le Président de la République Gaston Doumergue. Il faut souligner que les déplacements d’un Président de la République étaient rares à cette époque là. Le Président inaugura le Pont Suzanne, prénom de la fille unique de M. Jean Bourrel. Celui-ci en fit don à la ville. Le déjeuner eut lieu au Grand Hôtel des Pyrénées tenu par M. Moulines, un des initiateurs du rugby à Quillan. M. Jean Bourrel fut fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

En terminant je voudrais au nom de l’U.S. Quillan remercier M. le Maire de Quillan et son Conseil Municipal d’avoir bien voulu officialiser le nom de J. Bourrel au stade. Cela n’avait pas été fait : oubli, pensant que cela allait de soi, le stade municipal n’avait jamais reçu de nom officiel. Que vive le stade Jean Bourrel !”

Cet après midi au stade devait se terminer par une partie de rugby de qualité entre la Sélection du Languedoc et l’équipe de Quillan. Au tableau d’affichage 15/14, un score à l’anglaise comme on disait autrefois.

Score en faveur de l’U.S.Q. La partie sportive terminée, place aux festivités. A l’Espace Cathare l’apéritif d’honneur a rassemblé un millier de personnes. C’est le moment du rappel des souvenirs autour du verre de la camaraderie, de l’amitié. Ensuite au Gymnase le dîner de gala servi par Bigou le traiteur quillanais a satisfait les plus difficiles… les danseuses de la Haute-Vallée ont offert un magnifique spectacle associé au magicien Magic Aimé.

Ce n’est qu’au petit matin que l’on s’est séparé, avec beaucoup de regrets. Les festivités du Centenaire clôturaient avec éclat une saison sportive que le Président Christian Maugard a qualifié d’extraordinaire. Merci aux organisateurs, merci aux participants.

A Quillan le rugby est parti du bon pied pour un nouveau centenaire.

Conclusion

1902 – 2002… Cent ans Cent ans et le club est toujours vivant. Mais déjà l’excellente saison 2001 – 2002 et la journée parfaitement réussie du Centenaire sont rangées au rayon des souvenirs.

Le Comité de rédaction (Mme Brigitte Bourrel, Mme Josette Moresqui, MM. Philippe Pinquié, André Danjou, Louis Gosse, Christian Mauĝard et Fernand Grauby) remercie toutes les personnes qui ont bien voulu communiquer photos et documents divers qui nous ont permis de réaliser ce livre.

Remerciements aux archives départementales qui nous ont permis d’accéder aux informations publiées par la presse de l’époque.

Nos remerciements vont aussi aux collectivités territoriales (Mairie de Quillan, Conseil Général de l’Aude, Conseil Régional du Languedoc-Roussillon) pour leur aide.

Bien des personnes auraient du être citées pour leur rôle dans la vie du club. Peut-être ont-elles trouvé une petite satisfaction dans les documents qui ont été exposés au Syndicat d’Initiative lors des manifestations du Centenaire, le 29 juin 2002..

Le Comité de rédaction est conscient des lacunes de ce premier historique, des erreurs qui ont pu se glisser et des oublis éventuels. Nous espérons que ce document fera plaisir à ceux qui, jeunes alors, firent vibrer les foules et portèrent haut les couleurs de l’U.S. Quillan par leurs grandes prouesses.

D’autres trouveront là des souvenirs d’êtres chers et enfin, très important, les générations futures de rugbymen qui sont l’avenir du club, ne pourront oublier les véritables exploits de leurs aînés et auront peut-être l’envie irrépressible de les imiter afin qu’une fois encore nous puissions célébrer une de ces grandes fêtes qui font le rugby.

L’U.S. Quillan Haute-Vallée continuera ainsi de vivre… mais d’autres en reparleront certainement dans un siècle…

… 2100 ! Une brocante dans la Grand’rue à Quillan. Un vieux monsieur propose des photos aux passants, dans le fond de sa caisse, un titre jauni, corné : Cent ans de Rugby à Quillan

Le Comité de rédaction Août 2002